L'APPORT ARTISTIQUE DES COLONIES 311 mais gracieuses constructions. On en peut dire autant des édicules affectés à la conservation des manuscrits (ho trai), dont quelques-uns sont des merveilles de délica- tesse. Enfin il ne faut pas oublier les that en cloche, si caractéristiques des paysages laotiens et dont le That Luong de Vieng-chan, malgré la fâcheuse restauration qui l’a défiguré, offre un type accompli. Les Laotiens ont surtout excellé dans la sculpture sur bois et la statuaire en bronze, et l’on conserve quelques spécimens de leur habileté dans ces deux industries. Observons que le Laos français n’est, au point de vue archéologique, qu’un prolongement du Laos siamois, où se trouvent, à Xieng-mai, Lamphun, Lampang, Sukhothai, les plus anciens et les plus importants monuments de l’art thai, qui, sans égaler ceux du Cambodge et du Champa, tient une place honorable dans l’ensemble des arts indochinois. V. — ÉTAT AacTUEL. — CONCLUSION. Si maintenant, après cette rapide revue des quatre arts indochinois, le lecteur se demande quel est leur état actuel et quelles sont leurs chances d'avenir, nous crai- gnons de ne pouvoir donner à cette question une réponse très optimiste. L'art cham est hors de cause, puisque le peuple qui lui donna naissance n’est plus qu’un débris sans aucune chance de relèvement. Le Laos, où les ou- vriers d’art ont à peu près disparu, ne paraît guère plus apte à restaurer ses traditions. La situation est moins compromise au Cambodge, où, sous l’habile direction de M. Groslier, l’École des arts cambodgiens a suscité un renouveau très intéressant et fait la preuve que les Khmèrs n’ont perdu ni leur habileté technique, ni leur aptitude naturelle aux travaux artistiques. Mais les pagodes qui 3e restaurent ou se construisent trahissent une désolante absence de goût et le style européen exerce ici sa perni-