312 , L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS © cieuse influence. Quant aux Annamites, ils ont de remar- quables dons d’intelfigence et d'adresse, mais il leur reste à faire preuve d'originalité. L'École des Beaux-Arts, récemment fondée à Hanoï, résussira peut-être à les préserver du piège de l’imitation et à les diriger dans une voie où s’alliera le goût des traditions et la recherche de réalisations nouvelles. Nous sommes maintenant en état de répondre à la question que -nous nous posions en tête de cette étude : qu’apporte l’Indochine dans le domaine de l’art? Elle apporte d’abord une contribution essentielle à l’histoire des arts asiatiques : quiconque voudra connaître avec précision ce grand mouvement artistique, dont notre temps se montre si justement préoccupé, ne saurait faire abstraction du pays où les deux grandes forces qui ont exercé leur action dans ce mouvement, celle de l’Inde et celle de la Chine, sont entrées en contact et où l’une au moins s’est diversifiée avec tant de vigueur et d’éclat. Elle nous apporte en outre une quantité de motifs ingé- nieux, dont l’art décoratif de l’Occident pourrait faire son profit. Et enfin les destinées si différentes de ces écoles, le mystère de leurs rapports avec la souche originelle, leur indépendance réciproque dans le contact le plus étroit, l’action de la race, les effets des facteurs politiques, dans le domaine de l’art, offrent à ceux qu’intéresse l'histoire de la civilisation un sujet d’études que peu d'autres contrées seraient en état de leur fournir aussi riche et aussi complèt.