320 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS Aussi toutes les grandes puissances ont-elles les yeux fixés sur la Chine ’où s'affrontent déjà et s’affronteront sans doute demain, avec une ardeur accrue, les diverses rivalités économiques et politiques qui se sont déjà ma- nifestées dans toutes les parties du monde. Cette question soulève un problème important et grave, qui intéresse solidairement toutes les puissances blanches, lesquelles, en dehors de leurs affinités de race, se trouvent théoriquement réunies, pour la circonstance et pour un instant de raison, par une analogie d’intérêt : il s’agit de l’évolution politique des peuples d’Extrême- Orient et de leur changement d’attitude vis-à-vis des puissances coloniales de race blanche. Ce problème, qui domine en quelque sorte l’avenir de nos possessions en Extrême-Orient et ne peut pas ne pas influer sur le développement de nos relations avec cette partie du globe, mérite certainement d’être étudié et c’est de lui maintenant, qu’il va être question. C’est dans la deuxième partie du dix-neuvième siècle que les puissances de race blanche ont implanté leur civili- sation matérielle dans cet Extrême-Orient auquel elles demandaient de’ participer au développement écono- mique mondial. Comme il s’agissait, pour les continents blancs, de se procurer des matières premières en vue de les transformer, les efforts des colonisateurs portèrent surtout sur la pro- duction minière et agricole. La plupart des peuples asiatiques témoignaient d’ail- leurs d’une grande indifférence à l'égard du progrès industriel. Seul, en Extrême-Orient, le Japon, résolu à se moderniser suivant les dernières méthodes, poursuivit dans tous les domaines une adaptation systématique, minutieuse et cependant extraordinairement rapide,