LES PROBLÈMES GÉNÉRAUX 329 rapprochement intellectuel, qui est la Maison franco-japo- naise de Tokio. Les échanges intellectuels entre le Japon et la France ne sont d’ores et déjà pas négligeables. Pour ce qui est de notre influence dans les Indes, 1l suffit de se rappeler la hiérarchie des castes qui domine la vie sociale de ce pays pour comprendre que nos reli- gieux ne pouvaient espérer y faire une aussi belle moisson spirituelle qu’en Chine. Grâce aux efforts innombrables et magnifiques de nos missionnaires et grâce aussi à des œuvres officielles, nous exerçons en Extrême-Orient, particulièrement en Chine, une influence qui nous assure dans le domaine moral une place privilégi*e par rapport aux autres puissances de race blanche. La supériorité que nous possédons, à ce point de vue, résulte, semble-t-il, des qualités qui nous sont propres : le Français est plus ouvert que les autres à l’esprit des races indigènes, parce qu’il a une souplesse de pensée qui lui permet d’assimiler puis de s’adapter au milieu psycholo- gique. Il a la curiosité artistique et intellectuelle et la faculté d’émotion qui le portent à déchiffrer le mystère des civilisations exotiques et anciennes, à pénétrer, autant que faire se peut, l’âme des peuples. Il sait encore, pour se livrer à de telles investigations, se placer, aussi parfaitement que cela lui est loisible, au point de vue de ceux qu’il souhaite comprendre. Et ceci au lieu d'envisager choses et gens sous le seul angle français. Qualités. pré- cieuses qui, nous le savons, comportent de graves re- vers. Ce sont là, cependant, des avantages qui nous ont permis de nous approcher, moralement et intellectuelle- ment parlant, des peuples de couleur et, notamment, des peuples d’Extrême-Orient, avec lesquels nous sommes entrés en contact.