330 * L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS Est-il besoin de dire combien il serait désirable que. parallèlement au développement de son influence morale en Extrême-Orient, la France cherchât à augmenter l’importance des intérêts matériels qu’elle y possède. La situation que nous avons acquise dans cette partie du globe nous commande, tout d’abord, de ne pas nous désintéresser de l’expansion économique, à laquelle est appelé l’Extrême-Orient. D’autre part, il ne faut pas oublier que les circonstances nées de la guerre nous mettent dans l’obligation de rénover, pour ainsi dire, notre com- merce extérieur en développant nos exportations. Il est donc naturel que nous tournions les yeux vers l’Extrême-Orient et que nous nous efforcions de prendre, dans les échanges internationaux, la part à laquelle nous pouvons prétendre en raison des droits que nous tenons d’une situation matérielle et morale qui est assez souvent méconnué pour qu’il me semble à la fois utile et opportun d’en souligner l’importance et la vitalité. Et si, comme je l’espère, le succès vient couronner les efforts de ceux qui travaillent à l'expansion française en Extrême-Orient, il sera, en grande partie, obtenu grâce à l’existence de nos colonies et particulièrement de l’Indo- chine, dont la possession présente pour nous un intérêt capital, puisque c’est elle qui constitue, en somme, la base de notre action économique, financière et diploma- tique en Extrême-Orient, où nous sommes et devons rester une grande puissance coloniale, aimée par ses sujets et respectée par seë voisins. Notre pays possède donc là-bas des intérêts importants pt des possibilités très grandes. Il est de notre devoir