LES PROBLÈMES GÉNÉRAUX 831 de ne rien négliger dans ces régions, de ne rien abandonner. En dehors de la valeur actuelle de tout cet ensemble, l’avenir nous commande, abstraction faite de toute vanité tirée du passé, à un point de vue absolu comme à un point de vue relatif, non seulement de conserver et de préserver ce patrimoine national, mais de tout faire pour le développer — car tout ce qui ne se développe pas di- minue. Qu'on n’aille surtout pas, pour reprendre une expression qui ne m’est pas sympathique et dont on ne fait que trop souvent emploi, mais que j'utilise, faute de lui trouver un remplaçant convenable, qu’on n'’aille pas, de grâce, parler une fois de plus, à ce propos, de l’ « impérialisme » français. Que si, d’aventure, on le faisait, comme il me serait facile, hélas! de rappeler que nos moyens, en matière maritime surtout, ne sont malheureusement pas toujours en rapport avec nos droits et surtout nos devoirs. Sans prétendre dominer, nous souhaitons ne l’être pas, et demeurer. Notre politique navale montre bien qu’il en est ainsi, tout juste. Qu’on n’aille pas dire non plus, comme certains n’auraient que trop tendance à le faire, qu’il s’agit pour nous d’une ambition exagérée dans les circonstances actuelles, compte tenu surtout de la situa- tion avec laquelle nous sommes aux prises à la suite de la grande guerre. Non, bien loin de là. Des difficultés transitoires, si graves soient-elles, ne doivent pas faire douter de l’avenir de la France. Or la France a et doit continuer d’avoir un avenir dans l'Est.