LES PROBLÈMES GÉNÉRAUX 333 l’effort loyalement et régulièrement effectué par ses na- tionaux au prix de leur travail et de leurs capitaux. Ceux-ci, en effet, y ont constitué de toutes pièces des villes aujourd’hui prospères. Ils y ont élevé de nombreux immeubles, exécuté des travaux de municipalité : voirie, quais, ports, etc, installé l’eau, l’électricité, les tramways, créé des sociétés qui ont pris des engagements à long terme, non seulement à l'égard de l'administration municipale, mais encore à l’égard des tiers, engagements consentis sur la foi des traités. Il ne saurait donc être ques- tion pour la France d’accepter une dénonciation pure et simple de ces traités qui serait la ruine immédiate de toutes les entreprises françaises dans ces concessions, la ruine de ceux de ses nationaux qui ont apporté à leur mise en valeur leur intelligence, leur activité et leurs capi- taux. Mais les rapports de la France avec la Chine sont bien plus étroits du fait de la proximité de sa grande colonie d'Indochine que des concessions qu’elle détient surle sol même de la Grande République extrême-orientale, et la « question jaune » en devient pour elle d’un intérêt très immédiat. L’Indochine française est en effet, par le Tonkin, limi- trophe de trois provinces chinoises : Yun-nan, Kouang-si et Kouang-tong. Avec ces deux dernières, les rapports se réduisent à des questions de frontières, leur débouché naturel étant la ville de Canton avec laquelle nos rela- tions sont purement maritimes. Pour le Yun-nan, il en va tout autrement. Cette province, très peuplée, très riche en produits agricoles aussi bien qu’en produits miniers, séparée de la Chine par de hautes montagnes, a son débouché naturel sur le Tonkin, débouché dont elle use plus encore que par le passé, depuis que nous y avons assuré la sécurité aux transactions fluviales et ferroviaires et que notre voie ferrée relie directement Yun-nan fou au port de Haï-nhong sur le volfe du