338 “ L'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS que nous avons vue se manifester à Haï-phong le 22 août 1927. Et obligée, pour les réprimer, de sévir rigoureusement, la France deviendrait rapidement odieuse à l’indigène qui se plaindrait à bon droit de n’avoir plus, de son fait, la situation prépondérante à laquelle il a droit dans son propre pays. Déjà, par le traité de commerce du 25 avril 1386, dit traité Cogordan, nous avions accepté la nomination de consuls chinois à Hanoï et à Haï-phong « et, disait le traité, plus tard dans d’autres villes du Tonkin ». Mais lorsque le gouvernement chinois voulut se prévaloir de cette clause, notre administration reconnut l’impossi- bilité d’y consentir sous peine de voir se créer dans ces villes des centres d’agitation funeste pour son influence. Ne renouvelons pas la même erreur par un traité trop hâtivement conçu. Je me suis, pour ma part, souvent entretenu de la ques- tion avec de riches Chinois de Cho-lon ou de Haï-phong. Toujours, ils ont reconnu qu’ils auraient plus à perdre qu’à gagner à troquer leur statut d’Asiatiques étrangers contre celui d’étrangers tout court. Mais tous, par contre, ont souhaité que les mesures de contrôle prises à leur égard soient effectuées dans des conditions moins vexa- toires qu’elles le sont aujourd’hui. Prêts à se soumettre aux lois et aux impôts du pays dont ils reconnaissent la modération, ils voudraient voir respecter cependant leur dignité et leur amour-propre et échapper surtout à l’arbitraire ‘de fonctionnaires indigènes trop heureux de les brimer et de leur faire perdre la face. L’Indochine est voisine par deux de ses frontières, celle du Cambodge et celle du Laos, du royaume du Siam. Cet État, qui fut notre allié pendant la guerre, et envoya quelques détachements sur le front. s’est résolument