LES PROBLÈMES GÉNÉRAUX 389 adapté depuis une trentaine d'années à la civilisation occidentale et y accomplit une œuvre remarquable. Son armée est bien équipée, bien entraînée, et tout ce qui concerne plus particulièrement les voies de communi- cation par chemins de fer a reçu un développement con- sidérable et qui permet aujourd’hui de parcourir le pays aussi rapidement que possible. Le gouvernement siamois, il faut le reconnaître, ma- nifeste à l’égard de la France un désir de loyale colla- boration auquel il est juste de rendre hommage. Avons-nous fait tout ce qui dépendait de nous pour y répondre? Et, ce que nous avons fait, l’a-t-il été aussi complètement et d’une façon aussi avisée qu’il eût été désirable? Il est malheureusement difficile de répondre à cette question par l’affirmative. Alors, par exemple, que nous engagions le Siam à poursuivre activement la construction de sa voie ferrée vers notre frontière où elle devait rejoindre la nôtre et mettre ainsi en relation directe Hanoï, Hué, Saïgon et Pnom-Penh avec Bangkok et la vallée du Ménam, nous avons tant tardé pour des raisons diverses, je ne dirai pas à construire, mais à décider la construction de notre tronçon Saïgon frontière du Siam, que sa voie ferrée a rejoint notre frontière à la gare d’Anrana, non seulement avant qu’un mètre de rail ait été posé par nous, mais avant même que la route ait été rendue automo- bilisable sur ce parcours, si bien que la voie siamoise à abouti au néant. D'autre part, aux termes des traités que nous dête- nions à l’égard de ce royaume, nous possédions un cer- tain nombre de droits qu’il eût été bon, non de maintenir puisqu’ils n’ont plus leur raison d’être, mais au moins de troquer contre d’autres avantages plus en rapport avec l’amitié qui réunit les deux pays. Nous eussions pu faire reconnaître notamment à notre commerce et à notre ‘ndustrie des débouchés’ privilégiés, à nos officiers de