340 . L’'EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS terre et de mer, à nos savants, à nos ingénieurs, des postes de choix paur aider le peuple siamois dans l’œuvre d’adaptation à laquelle il s’efforce. Or, au lieu d'observer cette politique très simple et que, il faut le dire, le Siam s'attendait à nous voir suivre, nous avons, par une politique d’abandon dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle est incompréhensible, signé, à Paris, le 14 fé- vrier 1925 et à Bangkok le 25 août 1926, deux traités qui ont attiré les plus vives critiques de l’opinion aussi bien dans la métropole que dans notre grande colonie et qu’un journaliste a pu traiter d’imbroglio volontaire ou involontaire, et dont il a pu se demander dans quelles ténèbres ils vont égarer les plénipotentiaires de l’avenir. La France, en effet, n’a guère de rapports avec le Siam qu’en fonction et à propos de l’Indochine. Or, le premier traité qui prétend régler la question du Mékong frontière apporte une solution qui ne satisfait à la fois ni la France ni le Siam, puisqu'elle est établie en contradiction absolue avec les règles de droit inter- national en la matière et les conlusions dés experts con- sultés, et on doit constater avec les représentants du gouvernement siamois qu’il ne mettra certainement pas fin aux discussions entre les deux pays. Pour toutes les autres questions, il s’en remettrait à des arrangements spéciaux qui devaient être réglés. ultérieurement, par une convention concernant les rap- ports du Siam et de l’Indochine française. Cette conven- tion a été signée à Bangkok le 25 août 1926 et ratifiée à Paris le 22 septembre 1927. Or, pas plus que le traité initial, elle n'apporte de règlement définitif à aucune des questions pendantes. Elle s’en remet elle aussi à des arran- gements ultérieurs du soin de régler toutes ces questions et elle laisse ouverts jusqu’à leur conclusion tous les sujets de controverse entre les deux pays voisins. Alors qu’il eût été indispensable de régler toutes ces questions, en une discussion où nous n’aurions rien abandonné de