— 59 — d’autres qui ne le voudront pas et s'arrangeront pour ne pas le pouvoir. Dans ces cas, on perdra non seule- ment le montant des factures, mais les frais de récla- mations, de poursuites, elc. La nécessité de demander des renseignements sur un nouveau solliciteur de crédit, avant de s’engager à fond avec lui, est encore une nou- velle source d’embarras. Toutes ces pertes et ces frais aboutissent fatalement au compte de frais généraux (pour autant que nous avons affaire à un négociant te- nant des comptes !) et s’ajouteront au prix de la mar- chandise. Les clients honnêtes finissent alors par payer pour les autres. Aussi s’en iront-ils à la première occa- sion, et le commerçant se trouvera-t-il avoir sélectionné sa clientèle « à rebours », si l’on peut dire. La concur- rence rend-elle impossible un relèvement des prix ? On s’en tirera en trompant le client sur la qualité de la marchandise, ce à quoi les manœuvres des grossistes n’induisent déjà que trop le détaillant dans l’indigence. L'acheteur à crédit coûtant plus cher au détaillant que l'acheteur au comptant, il serait juste qu’il y eût deux prix différents pour ces deux catégories de clients, Mais zomme il est difficile d’introduire cette réforme d’une manière brutale, on a eu recours au détour des services d’escompte. L’escompte est une remise faite à l’acheteur au comptant sur le prix que paye l'acheteur à crédit *. L'activité des services d’escompte a certainement d’au- res aspects, mais celui-ci est primordial, à tel point que les services d’escompte n’ont pu se développer en An- sleterre parce que la vente à crédit V est inexistante ?. ! Que beaucoup de clients à crédit réclament les tickets d’escompte quand ils viennent payer leur note et que cer- jains négociants poussent la faiblesse jusqu’à les leur accor- der ne change rien au bien fondé de cette affirmation. * Et parce que, à en croire Faucherre, les coopératives sont déjà trop développées dans ce pays pour qu’on puisse songer à leur opposer encore quelque chose ! N’est-ce pas