55 — le second magasin en sera réduit à une poignée de pra- tiques, mais celles-ci seront constituées essentiellement par des mauvais payeurs et par cette sorte de gens qui achètent systématiquement ce qui coûte le moins, uni- quement parce que c’est ce qui coûte le moins ; l’expé- rience démontre que ces clients-là ne rendent pas une maison prospère. Le second magasin devra donc se contenter d’un chif- fre d’affaires dérisoire! Mais comme nous savons dage dans les pays qui sont longtemps restés en dehors de l’influence capitaliste (ancienne Turquie). Ce n’est bien en- tendu pas du marchandage que nous parlons quand nous in- sistons pour que le détaillant d’aujourd’hui remette en hon- neur ce qu’il y avait d’admirable dans les mœurs du passé ! Au temps dont parle Sombart, il était aussi entendu que les meilleurs clients étaient servis par le patron lui-même : on n’abandonnait pas aux employés les personnalités de vrai- ment premier plan. Page 441 du même ouvrage, l’auteur donne en ces termes la formule de la transformation que le (grand) commerce a subie, de la période précapitaliste à la période d’ascension du capitalisme : «Im ganzen also : eine Tendenz zur Entper- » sônlichung, Versachlichung, Mechanisierung.» Le com- merce de gros devient capitaliste dès les débuts du capita- lisme ; le commerce de détail conserve, au contraire, et plus ou moins jusqu’à nos jours, les caractères de la période pré- cédente. De là résulte logiquement que ces deux sortes de commerce ne sont plus exercées par les mêmes personnes. Sombart dit à ce propos, aux pages 534 et 535: « Das Zeital- »ter des Frühkapitalismus wird handelsorganisatorisch » nicht zuletzt dadurch gekennzeichnet, dass in ihm die (fast) p vôllige Scheidung der Engros-Kaufleute von den Detail- » Händlern sich vollzieht, die, wie wir wissen, während des » Mittelalters meist eine und dieselbe Person waren. Die » Trennung erfolgt, soviel sich erkennen lässt, am frühesten » in England, wo sie, wenigstens für eine Gruppe des Gross- » händlertums, schon am Ende des 16. Jahrhunderts vollzogen p ist. In Frankreich ist sie es sicher am Ende des 17. Jahr- » hunderts, während in den übrigen Ländern die Personal » union noch längere Zeit häufig ist.» 1 Il est difficile de se procurer des données sur le chiffre d’affaires et le revenu des détaillants. La tabelle que donne Lerov-Beaulieu (pages 291-292, op. cit.), dressée à l’aide des