95 centration commerciale, en ce sens qu’on imagine le monde marchant en l’absence totale de la seconde, au moins dans le commerce de détail, tandis que la suppression de la première, au moins au-delà d'un certain degré, est absolument ampossible à concevoir. ['artisan ne songe d’ailleurs plus à demander la fermeture, même partielle, des fabriques: il sait bien qu’on ne le comprendrait plus et que d'ailleurs, dans l’état actuel des choses, la réduction de la grande production appauvrirait tout le monde. Mais nous croyons que la grande différence entre la concentration industrielle et la concentration commerciale, c'est que l’on s'est habitué à celle-là, plus ancienne, tandis qu’on ne peut se résigner à celle-ci. Le commerce est en retard, dans son évolution, sur l’industrie, et l’organisation des détaillants, sur celle des artisans. Le petit commerce combat encore ses concurrents capitalistes, tandis que les artisans ont déjà passé à une phase subséquente de leur mouvement, cherchant « à regagner du terrain en développant les particularités qui peuvent aider l’artisanat à tenir contre la concurrence *. ») L'apparition d’un grand magasin est un phénomène beaucoup moins artificiel que L. Goyard ne consent à l’admettre. Le nivellement des besoins, la disparition, par exemple, des costumes locaux qui dispense plus ou moins de s'arrêter à des desiderata spéciaux, l’insuffisance du pouvoir d'achat des classes prolétarisées (dès avant la guerre, la hausse des loyers et celle de la viande atténuaient considérablement l'effet des augmentations de salaire), qui oblige ces classes à se jeter sur les qualités inférieures, autant de causes qui ont ouvert la voie aux grands magasins ?. ! Phrase empruntée par Faucherre à Lederer, Mittelstandsbewegung. Cf. Faucherre, Die wirtschaftliche Lage des Kleindetailhandels, p. 4. ? Nous donnons cette analyse des causes du succès des Warenhäuser d’après Engel, op. cit, p. 13.