- 212 ses engagements, le détaillant doit exiger le paiement comptant, ce qui n’est qu’un bienfait, pour le commer- çant comme pour le consommateur. Rien de plus naturel que les efforts individuels du commerce de détail trouvent des adversaires. Le com- merce de gros notamment se sent préjudicié par ce mouvement d’émancipation, par l’importation directe et la tendance qu’ont les sociétés d’achat d'augmenter les relations directes entre le fabricant et le détaillant. Les grossistes ont donc tout essayé pour enrayer cette évolu- tion. Ils sont allés jusqu’à employer l'arme du boycott. Peine perdue. Une fois de plus, le char du progrès a avancé irrésistiblement et les grossistes en ont été pour leurs frais. Il est entendu que l’activité des sociétés d'a- chat empiète sur le terrain du commerce de gros, Mais aucune d’entre elles ne connaît la contrainte d'acheter à l'égard des membres. S’ils sont capables de supporter la concurrence, les grossistes peuvent par conséquent lutter avec elles quant aux prix. Le commerce de gros ne possède, du reste, aucun monopole et si, au lieu de sou- tenir les coopératives naissantes, il eût appuyé le com- merce privé, il ne serait pas aujourd’hui en concurrence avec les sociétés d’achat. Ces dernières n’existeraient pas. L'origine, la forme et le travail des sociétés d’achat dénotent les mêmes particularités dans les différentes branches. Après un début modeste, les organisations se développèrent et ne tardèrent pas à jouer un rôle impor- tant dans l’économie des peuples. Dans notre pays, les associations d'achat en commun sont nombreuses. Nous ne retiendrons ici que celles de la branche alimentaire qui nous touchent de plus près et qui sont, de loin, les plus importantes. La première société d’achat créée en Suisse fut la So- ciélé commerciale suisse (Schweiz, Handelsgesellschaft) fondée en 1883, à Oerlikon, dans le but de pourvoir di-