2438 — Savoy cite à ce propos l'opinion de Louis Poirier- Delay, un des hommes qui ont le plus fait et font encore le plus pour le relèvement de l'apprentissage dans le canton de Vaud. M. Poirier affirme que les apprentis, « l'esprit tout rempli de prouesses sportives, ne songent > Guère, la plupart, à compléter leur développement »technique et intellectuel, à se préparer à subir l’exa- » men de fin d'apprentissage ». * Qui osera affirmer que, depuis vingt ans, ces ravages de la mode des sports sur la volonté de travail des ap- prentis aient diminué ? Depuis 1904, l’orientation professionnelle, la protec- tion des apprentis, la réglementation de l’apprentissage par les pouvoirs publics et par les organisations profes- sionnelles, sa surveillance, ont fait sans doute de splen- dides progrès. Mais ces mesures se heurtent malheureu- sement encore trop à l’égoïsme indéracinable des em- ployeurs, à leur incurie, à leur insuffisance comme édu- cateurs. Elles n’ont pas suffisamment vieilli, ces paro- les de Savoy, que nous nous devons de citer encore : « Tous ceux qui se sont occupés des apprentis de com- > merce savent combien il faut lutter, pour obtenir des » patrons une observation plus ou moins complète de » la loi en ce qui concerne la durée du travail des ap- » prentis. Les difficultés rencontrées lors de l’organisa- » tion des cours professionnels durant le jour, sont une » preuve de l’acharnement que mettent certains patrons > à ne pas vouloir se priver des services de leurs appren- > tis durant quatre ou cinq heures par semaine ». ? ! L'apprentissage commercial, par Louis Poirier-Delay, Montreux. Dans : La Suisse économique, T. I, Lausanne, 1908, pp. 135 seq. ? Savoy, op. cit, p. 397.