40 LE TRAVAIL PENDANT LE HAUT MOYEN AGE et de langue, du moins sur la communauté des institu- tions politiques et religieuses, animée d’un ardent patrio- tisme, soucieuse de la gloire et de la grandeur de l’État. À l’abri d’un gouvernement puissant et éclairé, servi par une administration ordonnée, sous la protection d’une forte armature militaire et religieuse, il a facilité la restauration et le développement de l’activité économique sous toutes ses formes. La colonisation agricole dans l’Empire byzantin. — « Deux choses, disait un empereur byzantin du xe siècle, sont nécessaires à la conservation de l’État, l’agriculture et l’art militaire ». C’est pourquoi, la repopulation des cam- pagnes et la colonisation agricole furent au premier rang des préoccupations des Byzantins, qui voyaient, comme les Romains, dans la terre, la source essentielle de la richesse et de la puissance. Ce fut le grand honneur de l’Empire d’Orient d’avoir réussi à résoudre ce problème, bien avant que l’Occident n’y fut arrivé. IL y parvint, grâce aux méthodes colonisatrices qu’il avait reçues de Rome, pour une large part, et qu’il sut appliquer avec une métho- dique persévérance. On établit dans les thèmes (provincès) de nombreuses colonies militaires, où des soldats surveil- lèrent l’exploitation des domaines qu’on leur attribua, à charge du service militaire. On colonisa aussi l’Empire au moyen des populations chrétiennes dissidentes, mani- chéennes, jacobites, pauliciennes, qu’on transporta d’Ar ménie et d’Asie Mineure jusqu’en Thrace et en Grèce. Au VII® siècle, on fixa 12.000 aventuriers syrieris du Liban, les Mirdites, en Thrace, en Péloponèse et en Epire. Au bèsoin, on affranchissait des esclaves, comme le fit un empereur pour coloniser les terres désertes de l’Italie méridionale. Des milliers de colons d’origine barbare furent installés pendant cinq siècles dans toutes les parties européennes de l’Empire. C’étaient des Germains, tels que les Goths en Thrace et en Illvrie, les Gépides, les