Mais je dois m’abstenir de le faire, et je me
bornerai pour le moment à declarer que la
conduite du Chili, dans la guerre mondiale,
lui fut imposée par la conception de ses devoirs
 de pays neutre et parce qu’il n'a pas eu
de motifs pour abandonner cette ligne de conduite.


Quelle que soit la façon d'apprécier cette
situation, on devra toujours respecter l'attitude
d’un pays qui, sans avoir d’offenses directes
à faire réparer, a rempli tous les devoirs que
lui signalait le Droit des nations.
J'ai plus d’antécédents qu’il ne m'en faut
pour affirmer que cette attitude a été et est
actuellement interprétée ‘avec. justice par les
Gouvernements qui ont enduré sur les champs
de bataille les sacrifices de la guerre.
Je ne m'étonne pas que cette attitude puisse
être l’objet d’une interprétation différente de
la part de ceux qui ont peut-être cru que la
solidarité avec les peuples bélligérants n’imposait
 pas de sacrifices réels et qu'elle pouvait
se limiter à une simple adhésion sur le papier.
Quoi qu’il en soit, le Chili a maintenu une
conduite fidèle aux traditions de sa diplomatie