L’IMPÉRIALISME ET LA GUERRE ACTUELLE 27
nitif, une Allemagne absolument mécontente de sa destinée
 politique.
Nous croyons que le meilleur frein à imposer à l’avenir
de la race allemande c’est qu’elle soit encadrée entre
une Russie à qui personne ne conteste qu’elle doive être
grande et une France à qui nous désirons, par une bonne
frontière, voir attribuer la sécurité, base de sa grandeur,
sécurité à laquelle elle a aspiré sous tous les régimes,
royauté, république ou empire, et que seule une humanitairerie
 imbécile pourrait l’empêcher de réaliser après
une victoire décisive.
Tous les belligérants actuels poursuivent un but
précis. Chacun l’avoue, chacun entrevoit le prix de sa
victoire ; chacun déclare qu’à ce prix seul la paix rêvée,
la paix définitive peut être obtenue. Pourquoi la France
seule, la France dont tous les enfants se sont levés et
dont un si grand nombre sont tombés en héros, pourquoi
notre noble patrie serait-elle le seul pays qui aurait
combattu pour une cause qui ne serait pas nationale ?
Il ne faut pas que l’histoire raconte à nos petits-fils que
la France a vaincu l’Allemagne pour le triomphe du slavisme
 et pour assurer l’empire des mers à l’Angleterre.
Laissonscette raillerie cruelle à M. de Bethmann-Hollweg.
La France se bat pour une cause nationale et, suivant
l’expression même de M. le Président Poincaré, elle doit
trouver dans le traité de paix les garanties nécessaires à
sa sécurité.