LE PRINCIPE DES NATIONALITÉS 29
tion faite à l’orateur ». Et voici ces paroles tant applaudies
 : .

« Je suis de ceux qui sont bien décidés à mener la
guerre jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’à une victoire
décisive, jusqu’au triomphe de la cause du droit et de la
justice et de celle de l’émancipation des peuples. » (Applaudissements.)

À la place des électeurs de M. Accambray, je désirerais
 en savoir davantage et qu’on m’expliquât ce qu’est
ce droit, ce qu’est cette justice et surtout cette émancipation
 des peuples au nom de laquelle ce député envoie
leurs fils combattre les Allemands.
Cette même journée du 15 décembre 1915 nous fournit
 deux exemples non moins frappants de la manière
divergente dont la politique extérieure est envisagée en
France et en Angleterre. Nous lisons dans le Journal du
16 décembre 1915 deux interviews, l’une de M, Combes,
l’autre de Lord Roseberry. À un journaliste portugais
l’ancien premier ministre français a déclaré :
« Les nations qui nous sont dévouées n’ignorent pas
que nous combattons pour l’honneur de l’humanité. La
France ne tirerait jamais du fourreau son épée glorieuse
que pour la mettre au service des idées généreuses qui
constituent l’apanage de son histoire.
« Le monde civilisé nous suit, parce qu’il voit en nous
les champions d’une paix future qui rétablira le principe
des nationalités et qui imposera un régime légal compatible
 avec la réalisation de tous les progrès d’ordre social.
 &gt;
Dans un discours prononcé à Édimbourg, l’ex-premier
anglais a dit :
« Du jour où la guerre a été déclarée, toutes les parties
 de l’Empire se sont mises en mouvement, et, par une
impulsion merveilleuse, sont accourues au secours de la
mère patrie.