L'IMPÉRIALISME FRANÇAIS
« C’est là la glorieuse surprise que nos ennemis ont
préparée pour nous inconsciemment et qui établit que
l’Empire britannique est un fait mondial, avec lequel
l’univers a à compter. »
Ainsi, du côté français, répétition inlassable des mêmes
utopies ; du côté anglais, affirmation nette d’un impérialisme,
 constatation orgueilleuse d’une force qui impose
son hégémonie au monde entier. L'Angleterre sait, ses
hommes d’État le proclament tous les jours, qu’elle se
bat pour la grandeur de son Empire. La France, ignorante
 des réalités de sa propre politique, se laisse convaincre
 par ses dirigeants qu’elle a tiré l’épée non pas
pour défendre son sol menacé, son existence même qui
est en péril, mais pour assurer dans le monde l’émancipation
 des peuples et le triomphe du principe des nationalités.

N’est-il pas temps de faire connaître la vérité à notre
cher pays, de l’éclairer sur ses intérêts réels, de le détacher
 des chimères dont la poursuite l’a déjà conduit aux
abîmes, et de lui inspirer la ferme volonté de s'attacher
avant tout à une politique nettement française !
Au premier rang de ces chimères il faut placer ce
principe des nationalités, triste héritage des rêveries politiques
 de Lamartine et de Napoléon II. On sait ce
qu’il nous en a coûté, sous le règne de cet empereur, de
faire le jeu de Cavour et de Bismarck. D'ailleurs, ce fameux
 principe, si souvent invoqué, à pour premier défaut
 de n’être pas un principe, c’est-à-dire une vérité
nette et indiscutable. Ses disciples oseraient-ils l'invoquer
 pour demander au futur Congrès de la Paix de
rendre à la France les provinces wallonnes de la Belgique,
 les Iles anglo-normandes ou le Canada français,
proposeraient-ils d’émanciper le monde arabe de la tutelle
 française, anglaise ou italienne, de diviser la Suisse
entre ses trois voisins sous prétexte qu’elle est peuplée

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