L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS
Dès lors, une grande nation allemande, sous la forme
constitutionnelle de son choix, peut subsister. Il y aura
quand même un nouvel équilibre dans l’Europe Occidentale
 et, nous l’espérons, aussi dans le monde: il sera fondé,
plus encore que sur la déchéance de l’Allemagne, sur la
grandeur de la France.
L’anéantissement du militarisme prussien, proclamé à
différentes reprises par le Gouvernement britannique
comme le but même de son action militaire, est certes un
résultat désirable, mais ne perdons pas de vue que, si la
victoire couronne les efforts des Alliés, elle consacrera
le triomphe des impérialismes russe et anglais auquel
la France travaille au nom du droit et de la justice. Rien
ne peut nous assurer que dans l’avenir ces deux puissances
 consacreront uniquement leur activité extérieure
et leur force d’expansion à faire régner dans le monde le
noble idéal qui nous a tous coalisés contre la Germanie.
Les querres de l’avenir seront entreprises comme celle-ci
l’a été, pour assurer la satisfaction de convoitises impériales
 et non pour faire régner la justice sur la terre.
L'extension prodigieuse des Empires britannique et
russe, leur domination établie sur tant de pays et de
peuples différents de nationalité, de race, de langue et
de mœurs ne-nous révèlent nulle part l’avènement du
principe des nationalités. En parallèle avec la politique
de ses alliées, nous voyons la France renoncer à quelquesunes
 de ses meilleures et plus vieilles traditions et fonder
un immense empire colonial, sans avoir jamais adapté sa
politique aux conditions qu’imposent des possessions si
diverses et si étendues, Elle doit prévoir dès à présent
les prochaines compétitions et les convoitises provoquées
par l’impérialisme universel, sans quoi la guerre actuelle
ne serait que le premier acte d’une série de convulsions
interminables. Il serait puéril d’affirmer qu’aucune cause
de rivalité ne surgira jamais entre les six empires qui se

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