ho : L'IMPÉRIALISME FRANÇAIS .
Napoléon III, le ministère responsable de la guerre fut
renversé par la majorité bonapartiste de la Chambre des
Députés.
Vingt-cing jours plus tard, après le désastre de Sedan,
le régime condamné s’effondra et la République fut proclamée.
 Un gouvernement presque homogène fut constitué
 par les députés républicains de Paris. Ils commirent
 la faute capitale de s’annéxer comme Président
un transfuge, presque un traître de l’Empire, le général
Trochu, qui paralysa toute leur activité par son incurable
bavardage, non moins que par son manque de foi patriotique
 et républicaine.
Cette erreur d’introduire dans l’exercice de la dictature
 une personne qui lui retirait toute sa force de
cohésion provoqua toutes les déceptions du siège de
Paris, puis sa capitulation malgré la défense si glorieuse
pour nos soldats. En province, Gambetta, seul dictateur,
puisque ses acolytes ne le génèrent en rien, prolongea la
résistance au delà de toute espérance. Mais il rencontra
chez ses administrés une union sacrée qui lui facilita
singulièrement sa tâche, car légitimistes et bonapartistes
 se dévouèrent pour la patrie, sans demander ni
faveur, ni concession, mi traitement spécial. Un pays
presque entièrement réactionnaire subit un dictateur
révolutionnaire, et l’union sacrée consista uniquement
dans l’abnégation absolue des conservateurs.
De cette union, il ne subsista aucune trace, à peine la
guerre terminée. Les deux hommes d’État qui jouèrent
dans cette crise un rôle prépondérant, Gambetta et
Thiers, dominés le premier par l’intérêt de son parti et
le second par son ambition personnelle, n’eurent pas la
notion du service éminent qu’ils auraient pu rendre à
leur pays en constituant un régime consulaire à l’instar
de Bonaparte. Cette tâche, à laquelle Gambetta n’était
d’ailleurs nullement préparé, aurait pu tenter Phistorien