2 L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS
sont tellement connus qu’il suffit de les évoquer, du
moins nous l’espérons, pour inspirer à tout Français le
désir ardent de voir une fois de plus le bon sens et la
raison triompher des querelles intestines qui nous affaiblissaient
 et provoquer la formation de cette union des
meilleurs citoyens dont le Premier Consul hous a légué
le plus mémorable et le plus prestigieux exemple.
L’union sacrée proclamée entre tous les Français
depuis le 4 août 1914 nous a déjà permis de coaliser
toutes nos forces pour cette œuvre splendide de résistance
 à l’ennemi admirée de l’univers entier qui ne nous
en croyait pas capables.
Nous comprenions cette union autrement qu’elle n’a
été pratiquée, et, si nous en présentons ici l’observation,
c’est en vue des conclusions pratiques qui en résultent.
Voici en effet comment nous aurions conçu que l’union
sacrée devait être réalisée pendant la guerre. Tout d’abord
 nous pensons qu’en temps de guerre, plus encore
qu’en temps de paix, l’homogénéité du Gouvernement,
au point de vue politique, est désirable et indispensable.
Peu importe l’opinion politique ou la nuance d’opinion
politique des membres du Gouvernement. Qu’ils soient
socialistes, radicaux, modérés ou réactionnaires, on leur
suppose assez de patriotisme pour songer au salut de la
patrie comme à la règle unique de leur conduite. Le pays
veut que le pouvoir soit exercé par des capacités, que
les ministères de la Défense nationale soient gérés par les
spécialistes les plus compétents en chaque matière, que
ce soient parmi les hommes d’action que les meilleurs
soient choisis par le chef de l’État pour l'aider à sauver
le pays. L’unité d’action ainsi réalisée dans le Cabinet,
chacun de ses membres ne s’occupant de façon virile que
des affaires de son département, il n’est pas nécessaire
qu’à leurs délibérations prennent part des secrétaires
d’État en surnombre uniquement chargés de rappeler à