UNION, SACRÉE ET POLITIQUE IMPÉRIALE h5
principes de la méthode d’un Claude Bernard ou d’un
Marcelin Berthelot. Un peuple aussi renseigné et aussi
cultivé nous paraît mûr pour se gouverner soi-même, et il
semble que, même sans l’assistance d’un homme providentiel,
 les Français puissent définir leur formule d’union
et déployer la bannière de ralliement pour défendre leurs
propres intérêts sans l’assistance des charlatans de l’empirisme.


Si le terme d’impérialisme a quelque chance de triompher
 de l’opprobre que lui a valu la conception du pangermanisme,
 si d’autre part il ne reste pas associé, dans
l’esprit de nos concitoyens, aux catastrophes des régimes
napoléoniens, il n’en sera pas de meilleur pour qualifier
la politique future de la France. Les étrangers, notamment
 les Anglais et les Américains, qui n’apportent pas
dans la conduite de leurs affaires publiques la même
susceptibilité sentimentale que les Français, n’emploient
pas d’autre terme que celui d’impérialisme pour caractériser
 leur politique. Tout simplement, tout naturellement,
 cette expression leur paraît la seule qu’il soit juste
d’employer. Nous pourrions donc, avec une logique
parfaite, affirmer la proposition suivante : La France
possède un empire ; elle doit avoir une politique impériale.


Le principe même de cette politique c’est que la
possession et l’administration d’un empire imposent à
un pays une vue d’ensemble et des devoirs précis, un
accord de conditions d'action et de réaction telles qu’aucune
 mesure intérieure ne peut être prise sans avoir
considéré sa répercussion dans l’empire; c’est que le développement
 de la prospérité de l’empire et sa conservation
 même dépendent de la force et de la puissance de