LA GRANDEUR DE LA FRANCE 5e
servir de base à toutes nos conceptions pour la mise en
valeur de ces pays. Ce n’est donc pas pour le plaisir de
chercher une querelle de mots que cette observation est
consignée ici au sujet de l’expression de colonies, mais
simplement parce : que Pemploi de cette expression,
prise au sens littéral par nos hommes d’État et nos
administrateurs, a entièrement faussé le concept de mise
en valeur de ces prétendues colonies. Si une erreur aussi
grave a pu être commise au point de départ, on peut
juger des conséquences qu’elle a entraînées. L'une des
plus nocives a été de traiter toutes les questions coloniales
avec le même esprit chimérique d’utopie, en invoquant
des principes a priari, alors qu’une étude expérimentale
devait être le point d’appui et la source d’inspiration de
toute notre politique d’outre-mer. D’ailleurs, ces mêmes
principes sont appliqués avec une suprême fantaisie.
On les invoque pour accorder le droit à être représentés
dans le Parlement métropolitain aux nègres des Antilles
et du Sénégal, aux Indiens de Pondichéry et aux fonclionnaires
 de Saïgon. Pourquoi les Annamites, les
Tonkinois, les Madécasses n’ont-ils pas ce privilège ?
C'est un mystère que l’Administration ne saurait
expliquer.
Qu'on ne se méprenne pas sur notre pensée : bien loin
de souhaiter l’extension de ce droit de représentation au
Parlement à toutes nos colonies, nous rêvons pour elles
un tout autre régime, celui de l’autonomie. La métropole
n’a pas.le droit d’accorder à ses sujets des droits politiques
qui ne peuvent s’exercer qu’au détriment de ceux de ses
citoyens. Il n’est pas douteux que c’est amoindrir
singulièrement le caractère même du droit de cité que
de l’avilir en le concédant aux peuplades barbares,
primitives ou dégénérées, en tout cas de races différentes
de la nôtre, qui habitent notre empire.
H est inutile de faire à nos sujets des cadeaux de cette