VII

TOLÉRANCE RELIGIEUSE ET JUSTICE SOCIALE

Un élément de faiblesse subsisterait, et non le
moindre, si l’union sacrée, base de la politique impériale,
 ne nous procurait enfin, et à titre définitif, la suppression
 des persécutions pour une idée, l’octroi absolu
de la liberté de penser dont la conséquence immédiate
et logique sera la sécurité des religions et l’organisation
du travail.
Quelques semaines avant la guerre, le Matin avait
ouvert une enquête intitulée : Où est l’avenir de la
France? La plupart des réponses visaient l’union des
Français réconciliés dans une même pensée de travail
économique, financier, social ou moral. Nous en avions
retenu une formule excellente donnée par le recteur de
l'Institut catholique de Paris, M&amp; Baudrillart. Parlant
de l’antagonisme des classes, ce distingué prélat proclamait
 qu’il fallait plus de tolérance religieuse d’un côté,
plus de justice sociale de l’autre.
Cette formule fera sans doute son chemin dans le
monde, car la question religieuse et la question sociale
sont précisément les principaux prétextes à nos discussions
 intestines.
II n’y a pas à douter que, si’ces questions particulièrement
 irritantes recevaient une solution équitable, il serait
fait un grand pas vers l’union de tous les Français. On
peut se demander si l’apaisement et la concorde que
nous préconisons ici sont également souhaités par les
agitateurs et les dirigeants des partis. La réponse à cette
question n’était guère douteuse avant la querre. Les

L'IMPÉRIALISME FRANÇAIS