ÿŸTIT

LA QUESTION RELIGIEUSE

Depuis que le Gouvernement de la République a retiré
son ambassadeur auprès du Saint-Siège et fait voter par
le Parlement la séparation des Églises et de l’État, le
régime de l’Église catholique en France est soumis à un
certain arbitraire. Personne n’ignore que, par suite du
refus des catholiques d’accepter le bénéfice des associations
 cultuelles, l’État a confisqué tous les biens des
églises en vertu d’un raisonnement qui peut se résumer
ainsi : « Vous ne voulez pas administrer votre fortune
d’après mes principes, je vous la confisque. » Cette opération
 accomplie, l’État a consenti à laisser ouverts les
temples consacrés au culte. Ces édifices sont restés à la
disposition des fidèles et de leurs prêtres, sans aucune
garantie de la durée de cette tolérance. Les ecclésiastiques
 qui sont demeurés en possession des presbytères
dépendants de leurs églises les habitent également à
titre précaire. Que demain le Gouvernement de la République
 soit aux mains d’un parti plus anticlérical, s’il
est possible, que celui d’un Waldeck-Rousseau ou d’un
Combes, cette mesure gracieuse peut cesser, les. églises
seront fermées et les prêtres chassés du dernier abri
qu’ils aient conservé.
N’est-il pas évident que la première manifestation de
la tolérance religieuse à laquelle nous aspirons doit être
de faire cesser une situation illégale et injuste, qui est le
principal grief des catholiques français contre la République
 ? Que demandent-ils donc? C’est bien peu de chose
pour leurs adversaires et c’est tout pour eux. Qu’on