LA QUESTION RELIGIEUSE 61
solution ne devrait pas tarder plus longtemps à être
apportée, concerne la représentation diplomatique de la
France auprès du Vatican. En supprimant cette représentation,
 le Gouvernement de la République s’est créé à
lui-même une difficulté et a restreint le champ d’action
de sa diplomatie, de telle manière qu’il se trouve en état
d’infériorité au moment même le plus tragique de son
histoire, et qu’il ressemble à un joueur qui, dans une
partie suprême, aurait, par une naïveté inconcevable ou
une aberration criminelle, décidé de ne pas jouer une
des meilleures cartes de son jeu. Au point de vue interaational,
 le Vatican apparaît comme un observatoire
merveilleux d’où l’on découvre l’univers entier. Les
renseignements y affluent de toutes les sources de la
chrétienté, et ces sources, comme les eaux de Chantilly
qui ne se taisaient ni jour ni nuit, ne sont jamais taries,
même en temps de guerre. De ces renseignements, la
bienveillance d’un Léon XIII et d’un Rampolla fit largement
 profiter l’ambassade de France, ainsi que ne peut
l’ignorer aucun de nos anciens ministres des Affaires
étrangères. Si ces rapports d’amitié furent avantageux
pendant la paix, que dire de leur importance en temps
de guerre? L’Angleterre, toujours si avisée dans sa
politique extérieure, ne nous donna-t-elle pas l’exemple,
dès le début de la crise actuelle, en accréditant un
ambassadeur auprès de Benoît XV? C’est par le Vatican
seul que nous aurions pu conserver un point de contact
avec l’Autriche, et les résultats d’une conversation avec
l’alliée de l’Allemagne pouvaient et peuvent encore
offrir des possibilités d’entente d’une importance incalculable.

L'influence de la papauté dans certains pays catholiques
 qui gémissent en ce moment sous la botte du
Teuton, c’est-à-dire la Belgique, l’Alsace et la Pologne,
est tellement puissante qu’il paraît presque impossible