53 L'IMPÉRIALISME FRANÇAIS
que, sans son intervention, il soit décidé du sort de ces
pays.
Enfin, nous rappellerons que la France possède, en
vertu des capitulations et de nombreux traités internationaux,
 le protectorat des catholiques en Orient. Ce protec-Lorat
 à uné valeur morale, politique et même économique
considérable. C’est toute la question de notre influence
séculaire dans les Balkans, en Turquie d’Europe et
d’Asie. C’est une partie du patrimoine de la France dont
nous devons compte aux générations futures, Est-ce le
moment d'abandonner une portion quelconque de ce
riche héritage, au moment où le dépècement probable de
l’Empire ottoman va placer dans notre sphère d’influence
la Syrie et la Palestine?
Nous avons donc, à défaut de questions religieuses
proprement dites, à défaut des nominations d’évêques
français auxquelles notre Gouvernement a renoncé à
jamais par la loi de séparation, nous avons des questions
politiques de premier ordre à traiter avec le Saint-Siège.
Le Pape, on l’oublie trop volontiers en France, aussi
bien chez lés catholiques que .chez leurs adversaires,
représente en sa personne le caractère d’une double
souveraineté. Il est le souverain pontife ‘de la religion
catholique romaine, mais il est aussi un souverain au
même titre que tous les chefs d’État auxquels cette
qualité est reconnue par le droit international. La loi
des garanties lui a conservé ce caractère, après la perte
de son domaine temporel. C’est donc à tort que le
Gouvernement français, ou tout au moins les députés de
la majorité, paraissent penser qu’un ambassadeur de
France auprès du Pape apporterait au Vatican un hommage
 religieux et que son salut au pontife romain aurait
la signification d’une génuflexion de la France catholique
au pied du trône pontifical. Cette idée résulte d’une
ignorance complète de la question, d’une méconnaissance