66 L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS
ils ont toujours affiché des principes et. employé des
méthodes formant un obstacle invincible à toute union,
pour éterniser le malentendu et la haine qui étaient les
instruments de leur règne.
Le principe même de cette méthode a consisté à
affirmer qu’il n’y a pas une question sociale, mais des
questions sociales, et, par suite, on a vu des essais pour
solutionner la série de toutes ces questions à mesure
qu’elles se présentaient plus urgentes. La politique de la
République a consisté à détacher du bloc unifié les
plus intelligents des socialistes, à leur ouvrir l’accès des
ministères, à insister dans les programmes sur la nécessité
 des réformes et à faire voter un grand nombre de
lois, dites lois sociales, qui ont réglé d’une manière plus
empirique que doctrinale l’assistance aux invalides, la
protection dés enfants et des femmes, les retraites
ouvrières. Et, par ces lois, on atteignait comme résultats :
d’une part, une légère amélioration du sort du prolétaire;
 d’autre part, une augmentation considérable du
nombre des fonctionnaires, une aggravation incessante
des dépenses de l'État, une extension indéfinie du budget.
 À défaut de la réalisation intégrale de la cité future,
par l’avènement du collectivisme marxiste, le parti
unifié en votant ces lois cherchait à écraser d'impôts la
classe .capitaliste. Il escomptait que le développement
sans arrêt de l’étatisme amènerait la ruine complète de
la classe possédante et, par suite, le nivellement égalitaire
dont il professe la chimère. |
Tout entiers à cette politique de haine, les unifiés
semblent écarter à dessein des délibérations au Parlement
 la loi primordiale, la loi sociale elle-même, la
charte du travail.
Dominés par une conception d’origine allemande,
celle du collectivisme marxiste, ils restent aveugles et
sourds à toute vérité expérimentale. Ils ne constatent