88 L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS
Îl en résulte que, après les avoir battus militairement
grâce à l’héroïsme de nos soldats et à l’appui de nos
vaillants alliés, nous devrons encore, pour ne pas être
absorbés par eux, nous élever industriellement et
techniquement à leur niveau. Nous n’avons pas d’autre
alternative : ou nous jetterons par-dessus bord -nos
vieilles méthodes économiques et politiques pour nous
consacrer au développement de notre pays si longtemps
négligé, ou nous céderons le pas aux 70 millions d’Allemands
 que nous aurons vaincus provisoirement, mais
dont nous n’aurons pas supprimé les qualités. La démocratie
 française est placée dans ce dilemme : elle doit
grandir ou mourir. »
Il faudrait citer en entier trois articles de Gustave
Hervé dans la Victoire des 1“, 2, 3 avril 1916, sur la crise
du socialisme français, où le grand polémiste bafoue la
doctrine de Karl Marx et la rejette définitivement.
La sainte passion pour l’amélioration du sort des
masses ne semble donc pas avoir donné jusqu’à présent
aux socialistes unifiés qui y cherchaient leur inspiration
la notion exacte des procédés les meilleurs pour la réaliser.
 Ils employaient des moyens empiriques et semblaient
convaincus qu’il suffit de prendre le plus d'argent possible
 dans les poches des contribuables pour procurer le
résultat désiré. Double erreur. D’abord, parce que cet
argent ne va pas en entier aux prolétaires ; une portion
importante reste entre les mains des fonctionnaires nouveaux
 créés pour l’application des lois sociales. Le principe
 vrai, c’est qu’il faut créer de nouvelles richesses
dans le pays pour en faire bénéficier les déshérités. Le
jour où les syndicats ouvriers posséderont la plénitude
de la capacité civile et que, par une intelligente contribution
 du capital, leur patrimoine corporatif grandira sans
cesse, un immense progrès sera réalisé dans la condition
des prolétaires. Prendre à ceux qui possèdent pour le