LA QUESTION SOCIALE 69
donner à ceux qui ne possèdent pas est une idée simpliste,
 une réalisation de communisme naïf que les codes
civilisés ont toujours condamnée. Ce n’est nullement une
conception économique expérimentale. On améliore le
sort de la classe prolétaire en offrant l’occasion au travail
 de gagner un salaire plus élevé, en l’associant au
produit de la richesse qu’il crée, mais non en multipliant
 les œuvres de charité. Or, les lois sociales de la
République n’ont été jusqu’à présent que des œuvres de
charité électorale, laïque et vexatoire. &gt;
La politique impériale dont le but est la grandeur de
la France cherchera à développer toutes les sources de la
richesse publique au lieu de les tarir. Elle doit donc
rencontrer l’adhésion de tous les Français qui s’intéressent
 au bonheur du peuple. Créer des richesses nouvelles,
 c’est travailler à l’amélioration du sort des prolétaires.
 Favoriser l’activité des inventeurs, des financiers,
des commerçants, des industriels, des agriculteurs, de
tous les producteurs, les encourager, au lieu de les
ruiner, voilà le rôle du Gouvernement. Bien mieux, il
est de grandes entreprises pour ‘lesquelles l'initiative ou
le concours de l’État sont absolument nécessaires, ce
sont par essence des entreprises de l’impérialisme, des
entreprises créatrices de richesses nouvelles, telles qu’a
été dans le passé la création du canal de Suez et que
doivent être demain le chemin de fer transafricain, le
port commercial panatlantique de Brest, le tunnel sous
la Manche, la mise en colonisation du bief du Niger,
etc, etc.
Dans Humanité du 4 janvier 1916, M. Marcel Cachin
a dit très éloquemment que « les camarades des tranchées
 prouvent par leur exemple que dans des moments
comme ceux-ci le socialisme consiste à se solidariser
avec les intérêts nationaux menacés ». Retenons cette
déclaration pour notre politique impériale et convions