70 | L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS
M. Cachin à reconnaître avec nous, qu’en tout temps
et demain plus encore qu’hier, les socialistes devront se
solidariser avec les intérêts nationaux qui sont bien les
leurs quoiqu’on ait voulu leur enseigner le contraire.
Que le socialisme de l’avenir soit encore international,
nous n’y ferons aucune objection, mais à condition que
sa doctrine soit d’origine française et non allemande. La
propagande de l’impérialisme français se prêtera volontiers
 à la diffusion dans le monde des principes sociaux
qui doivent unir dans notre propre pays tous les adhérents
 de l’union sacrée et de la justice sociale.
Nous serons certains dès lors que cette doctrine sera
claire comme une conception française, qu’elle ne recélera
 aucune ambiguïté diabolique, aucune entreprise
contre notre existence nationale. Selon le désir de Gustave
 Hervé (*), « on parlera au peuple un langage simple,
clair, vibrant ». « Sitôt assemblés, dit ce grand polémiste,
 les cardinaux de l’Internationale prennent des
âmes de théologiens. Ils se mettent à réciter les prières
de notre église. Chez nous on invoque saint Karl Marx,
et, conformément à son saint enseignement, on proclame
que tout ce qui nous arrive de fâcheux c’est de la faute
du régime capitaliste.
« Après quoi on cherche les formules les plus plates,
les plus abstraites, les plus grises, les plus alambiquées
pour énoncer les vérités les plus élémentaires. »
Espérons que la crise actuelle fera naître une ère nouvelle
 où le peuple cessera d’être trompé par des formules
de ce genre. Les adeptes de la politique impériale lui
tiendront un tout autre langage. De même que nous
avons reconnu que la question religieuse se résume dans
l’obtention de la sécurité pour l’exercice du culte, nous
n’hésitérons pas à proclamer que la question sociale est

(1) Guerre Sociale du 16 février 1915.