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L’ASSOCIATION SYNDICALE PROPRIÉTAIRE

La principale réforme sociale, dont M. Millerand a pris
l'initiative, mais qu’il n’a pas encore réussi à faire voter,
donnerait aux syndicats ouvriers la plénitude de la capacité
 civile. Un partisan de Punion sacrée s’associerait
bien volontiers à cette mesure « qui augmenterait la force
êt les moyens d’action des syndicats, et qui pourrait
avoir une influence des plus heureuses sur leur orientation
 et contribuerait à les soustraire aux suggestions
révolutionnaires. Si les syndicats devenaient des capitalistes,
 ils sentiraient probablement fléchir leur prévention
contre la richesse acquise : ce capital serait pour eux le
sommencement non seulement de la fortune, mais aussi
de la sagesse, et les patrons avisés ne devraient pas
hésiter, dans leur propre intérêt, à se faire les premiers
bailleurs de fonds des caisses syndicales ». Nous souscrivons
 bien volontiers à ces paroles sages et profondes
de M. Hébrard de Villeneuve (F).
L'auteur même de la loi de 1884 qui a consacré lexis.
tence légale des syndicats, Waldeck-Rousseau, prévoyait
cette nouvelle étape de l’évolution sociale. « Cette loi,
a-t-il écrit (?), a mis entre les mains des ouvriers l’instrument
 d’une évolution sociale plus décisive, l’accession
pacifique du salariat à la propriété industrielle et commerciale.
 »
Nous ne voulons ni contredire cette affirmation ni en

(1) Revue des Deux Mondes, 1er mars 1915,
(2) Préface de La Fédération économique, de J. PauL-Boxcoun.

L'IMPÉRIALISME FRANÇAIS

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