74 L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS
détruire l’espérance. Mais n’est-il pas permis de remarquer
 avec quelle lenteur se réalise cette promesse. Ne
voit-on pas clairement que, bien loin d’encourager le
mouvement syndicaliste, depuis 1884 toutes les lois
sociales de la République sont ou des obstacles ou des
dérivatifs à ce mouvement et que l’intervention de plus
en plus accentuée de l’État dans tous les problèmes de
la vie ouvrière qui auraient pu être solutionnés par le
syndicalisme et la mutualité n’a fait que retarder cette
accession du salariat à la propriété escomptée par Waldeck-Rousseau,
 il y a déjà trente-deux ans?
Après avoir signalé cette obstruction si contraire aux
principes de la politique impériale dont nous cherchons
à formuler le programme, il nous faut encore présenter
quelques réflexions sur la nature même de la propriété
qu’on rêve d’accorder aux syndicats. Tout d’abord, constatons
 que l’accession des syndicats à la propriété constituera
 la création d’une propriété collective dont l’extension
 sera presque indéfinie. Personnellement nous n’y
avons pas d’objection, car nous sommes convaincu que
le développement de cette propriété collective possédée
par des associations ouvrières ne modifiera en rien la
tendance naturelle de l’ouvrier à la propriété individuelle.
Nous espérons que l'idéal de l’avenir sera pour louvrier
de posséder sa petite maison et de cultiver son propre
jardin tout en ayant sa part dans la propriété de son
syndicat. Tout au plus pourrions-nous trouver singulier
que Waldeck-Rousseau, le grand ennemi des moines
industriels et commerçants, et qui considérait la propriété
 collective entre leurs mains comme un danger
pour la France, ait professé des idées si différentes à
l’égard d’une propriété collective similaire. ;
Aussi bien cette observation n'est-elle qu'accessoiré
at voici la principale. ;
Waldeck-Rousseau, pas plus que ses successeurs, N en-