L'ASSOCIATION SYNDICALE PROPRIÉTAIRE 75
visageait aucune association du capital et du travail, et
il n’entrevoyait pas d’autre propriété possible pour les
ouvriers syndiqués que celle du commerce et de l’industrie
 qui font l’objet de leur profession. .
Ici encore nous ne présentons aucune objection et
nous nous bornons à présenter cette observation, que le
caractère de cette propriété sera précaire et aléatoire
puisqu’elle dépendra du succès de l’entreprise commerciale
 et industrielle possédée par le syndicat. Que les
affaires soient mauvaises, les ouvriers peuvent subir le
chômage et la ruine. Triste perspective pour des travailleurs
 qui désirent avant tout la sécurité. Il est donc
possible que le cadeau qu’on offre ainsi à la classe ouvrière
 ne lui soit pas absolument sympathique et que,
sans le refuser, elle l’accepte avec peu d’enthousiasme.
Mais il est heureusement une autre propriété que l’on
peut octroyer aux syndicats et aux fédérations des syndicats
 du même métier, et c’est l'obtention de cette propriété
 que nous plaçons en tête du programme de la
politique impériale. |
C’est la propriété d’un patrimoine syndical. Nous
voudrions qu’à chaque syndicat fût constitué un patrimoine
 inaliénable administré sous la garantie de l’Inspection
 des Finances de l’État, et que les éléments de ce
patrimoine fussent formés de trois éléments : contribution
 patronale, contribution de l’ouvrier, contribution
de l’État.
Toutes les dépenses concernant l’apprentissage, le
chômage, l’invalidité, les retraites, seraient payées au
moyen des revenus du patrimoine. Dès lors, la plupart
des lois sociales, grevant le budget et développant l’étatisme
 à outrance, pourraient être supprimées.
L’État, pour commencer, ferait un don magnifique aux
caisses syndicales, constituant le fonds même de la propriété
 ouvrière. Le vote d’un emprunt de trois milliards,