76 L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS
dont les rentes fourniraient la dot de l’union sacrée
conclue entre le capital et le travail, serait le premier
gage de l’entente réalisée entre tous les Français pour
faire ‘aboutir la réforme sociale dont on nous leurre
depuis si longtemps.
La Restauration a eu le milliard des émigrés, nous
n’avons aucune objection à ce que la République décrète
les milliards des ouvriers. Nous sommes persuadé que
la France y trouvera d’ailleurs une notable économie sur
la pratique-des lois sociales actuelles.
Sur la contribution ouvrière, nous avons peu de chose
à dire, puisqu’elle dépendrait des ouvriers eux-mêmes
groupés en syndicats.
Quant à celle des patrons, nous pensons que le moyen
le plus simple de l’assurer aussi importante que possible,
tout en associant d’une façon définitive l’ouvrier à la
prospérité de l’entreprise, serait un prélèvement sur l’ensemble
 de la production, si c’est une industrie, ou le total
des opérations, si c’est un commerce, et non sur les
bénéfices qui présentent toujours un caractère aléatoire.
Toute augmentation des affaires procurera une contribution
 patronale plus élevée et l’ouvrier est intéressé au
succès patronal. C’est un lien véritable d’association
entre le capital et le travail.
La gestion d’un patrimoine syndical ne peut que développer
 tous les sentiments les plus élevés de la dignité
humaine chez les ouvriers qui y seront délégués. Il est
facile pour l’État, et c’est là que son intervention sera
justifiée, de surveiller et de contrôler cette gestion et
même d’y participer de manière à la placer à l’abri de
tout risque.
L’adoption de cette mesure essentielle n’empêcherait
pas d’ailleurs de mêler l’effort mutualiste à l’action syndicale
 ; mais ici, quoique mutualité signifie association,
nous estimons que le geste d’appartenir à une mutualité