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CONCLUSION

Nous avons constaté que la France avait suivi depuis
quarante ans une politique impériale inconsciente et
incohérente. La guerre actuelle nous est apparue comme
la résultante d’une politique de tâtonnements, d’hésitations,
 de contradictions, d’ambitions et de faiblesses, sans
netteté, sans suite dans les vues. On ne commandait pas
aux événements, mais on les provoquait par des imprudences
 et on les subissait, on se tirait des complications par
des reculades et finalement on se trouvait acculé à la lutte
suprême provoquée par un ennemi qui s’y préparait sans
arrêt. On a beaucoup dit qu’une des causes principales
de cette situation était inéluctable puisqu’elle résidait
dans l’impossibilité pour une République d’avoir une
politique extérieure. Tel n’est pas notre avis. Aucune
nation ne peut se désintéresser des questions extérieures,
la France moins que toute autre. La République doit donc
avoir une politique extérieure dont le principe essentiel
est qu’elle soit adaptée à sa constitution. Chez nous, par
suite de l’héritage d’un ensemble de traditions, les unes
excellentes, les autres médiocres ou détestables, par
suite de la formation défectueuse des hommes d’État du
nouveau jeu, de leur inaptitude à comprendre les questions
 auxquelles leur éducation les avait laissés étrangers,
 par suite aussi de l'ignorance générale du pays, de
son désintéressement complet des questions extérieures,
et, pour tout dire, de la légèreté de notre caractère national,
 on a suivi une politique aussi médiocre que dangereuse.
