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Des disciples de Balzac ou de Stendhal installés au
Quai d’Orsay y.ont perpétré dans le mystère des plans
chimériques à base de sentimentalité, d’utopie et de
mégalomanie.
11 serait dans l’intérêt du pays que ces chimères fissent
place à la politique expérimentale et que les Français
témoignassent qu’ils s’intéressent à la politique extérieure.
 Une nation libre doit contrôler ses mandataires,
et, si elle témoigne quelque curiosité pour les problèmes
extérieurs, la politique du mystère aura vécu. Des questions
 précises posées aux ministres ne seront plus éludées
comme elles l’étaient si facilement dans le passé et notre
politique extérieure deviendra aussi claire qu’elle était
obscure. Avec le mystère disparaîtra le danger. Mais,
répétons-le, la condition absolue de la lumière serait que
le pays lui-même voutût voir clair. Ce serait une erreur
grave de croire que la guerre actuelle mettant fin à toutes
les querelles, on pourra s’endormir dans la paix future
sans aucun souci des questions extérieures. Quelles que
soient les stipulations de la paix et quelque défaite que
subisse l'impérialisme germanique, on n’aura supprimé
ni les intérêts ni les ambitions dont l’ensemble constitue
les impérialismes russe, anglais, italien, américain, japonais
 et français.
En admettant que toutes les précautions soient prises
pour assurer non seulement l’équilibre européen, comme
l'a fait pour une période de quarante ans le Congrès de
Vienne, mais bien l’équilibre mondial, peut-on affirmer
qu'aucune cause de rivalité ne surgira jamais entre les
six empires qui se seront partagé le monde? Est-ce au
lendemain du jour où le pacifisme vient de recevoir un
si éclatant démenti qu’en oserait se bercer d’une nouveille
 illusion dont le réveil serait plus tragique encore ?
Nous ne doutons pas que la leçon soit méditée en Angleterre
 et en Amérique. Notre seule crainte serait que ia

CONCLUSION