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séries de chiffres. L'amélioration fut le plus sensible sur le marché
de la main-d’oeuvre, où la tension subit une considérable détente.
De même, elle s’est manifestée dans l’accroissement de l’activité
des différentes branches de production, dans l’animation des
échanges intérieurs et dans le solde actif de la balance du commerce
extérieur. I] n’y a que dans le domaine du développement des
prix que l’amélioration depuis si longtemps et si ardemment
attendue par l’agriculture, ne se soit pas réalisée en 1933. La
dépression des prix se maintint pendant toute l’année, bien que
dans la seconde moitié la chute des cours se ralentit et fit place
à un lent effritement des prix. Quant au dernier trimestre de
l’année, la fluctuation des prix autour du point le plus bas de
la courbe se confina dans des limites tout à fait étroites, ce qui
peut être considéré comme un signe encourageant pour l'avenir.

La gravité de la crise agricole
Bien qu’au cours de l’année 1933 on ait enregistré une
amélioration dans maints domaines de la vie économique, amélioration
 qui s’est manifestée par un lent redressement des cours
par rapport au point le plus bas, la crise agricole a continué néanmoins
 à s’aggraver. Ainsi, la disproportion si souvent discutée
qui existait déjà auparavant entre la situation de l’industrie et
celle de l’agriculture a grandi encore. L'écart entre les prix des
articles industriels et ceux des produits agricoles a pris des proportions,
 jusqu’ici inconnues et, de ce fait, le pouvoir d’achat de
l’agriculture a subi une chute vertigineuse, qui a décidé les facteurs
compétents à maintenir le système des bulletins de céréales en
vigueur. Il est vrai que cette mesure n’a porté qu’un bien maigre
remède à la crise agricole, cependant elle a eu pour effet de diminuer
la charge des risques encourus par les producteurs. Une aide
beaucoup plus efficace a été accordée à l’agriculture par le décret
gouvernemental au sujet du réglement des dettes agricoles, publié
au mois d'octobre et accordant aux débiteurs un répit de
deux ans. ,
En ce qui concerne la pénible situation de l’agriculture,
il y a lieu de constater, — ce que l’on a pu voir d’ailleurs durant
la crise, — qu’avec son système actuel, la production agricole
est par trop rigide, de sorte qu’elle ne s'adapte que très lentement
 ou même pas du tout aux nouvelles conditions, ce qui s’explique
 d’ailleurs par les difficultés qu’entraînent la réorganisation
et la transformation de la production. Au contraire, la production
industrielle possède une faculté d’adaptation essentiellement plus
grande, de sorte qu’elle sait beaucoup plus facilement s’accomoder