17

reculé à 70, atteignit son point le plus bas au cours de la crise.
Par rapport au point maximum atteint en 1929, il se trouva dès
lors de 66 points plus bas.
Il n’y a aucun doute qu’en ce qui concerne la régression
des prix de certains produits agricoles, l’année 1933 fut très
critique, à tel point que seule l’année 1930 fut pire. En effet, au
cours de l’année dernière, le prix du froment, du seigle, de l’orge
et de l’avoine tomba à un niveau inconnu jusqu’alors. Le recul
du prix du froment et du seigle se poursuivit toute l’année et
c’est en décembre qu’on releva le niveau le plus bas enregistré
jusqu'alors. En ce qui concerne le froment, la perte de prix atteignit
51,9% Quant au seigle et à l’orge, le recul fut respectivement
de 42,5 et 24,1 %,. Il est naturel que, dans ces circonstances, l’indice
des prix des produits agricoles accusât de fortes oscillations.
Ici, le fléchissement des prix représente 24 points en 1932 et 19
points en 1933; c’est en septembre 1933 que le chiffre indice
fut le plus bas, avec 54 points. En raison de cette forte chute,
l’écart des ciseaux agraires indiquant le développement des prix
agricoles et industriels s’agrandit de 18 points au cours de l’année
1933, de sorte qu’au mois de septembre il existait une disparité
de 50% entre le prix des produits agricoles et celui des articles
industriels. Au cours des derniers mois de l’année, le fléchissement
 fut suivi d’une amélioration temporaire, ou plutôt d’une
stabilisation autour du point le plus bas, fait qui à lui seul revêt
une grande importance. En effet, l’écart des ciseaux agraires a
diminué de 2,4 points. Il est vrai que le fait était dû plutôt à
un léger fléchissement du prix des acticles d’industrie. Si l’on
compare les reculs de prix importants qui se produisirent au début
et la stagnation enregistrée à la fin de l’année, on constate, sans
aucun doute, qu’au point de vue du développement ultérieur
des prix, et compte tenu de l'influence d’autres facteurs'd’amélioration,
 on peut considérer la stabilisation des prix comme un heureux
présage.

Détente sur le marché de la main-d’oeuvre
Durant la crise économique, le chômage, dont la gravité
alla en augmentant, fut l’un des plus sérieux facteurs contribuant
à aggraver la crise, à tel point que les milieux gouvernementaux
en furent également fort préoccupés. Précisément pour cette
raison, le fait que la tension du marché de la main-d’oeuvre ait
atteint son point culminant au début de l’année 1932, simultanément
 avec le maximum saisonnier du nombre de chômeurs
enregistré aux syndicats ouvriers, revêt une grande importance.