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        <title>La vie économique en Hongrie pendant et après la crise 1932-1935</title>
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            <forname>Alexandre</forname>
            <surname>Sipos</surname>
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        </author>
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LAVIE ÉCONOMIQUE EN HONGRIE
PENDANT ET APRÈS LA CRISE
1932—1935

PAR
LE DR ALEXANDRE SIPOS
chef de la Section des Recherches Économiques de l'Office
Central Royal Hongrois de Statistique

Tirage à part
de la Nouvelle Revue de Hongrie
(Avril1933, Mars 1934, Mars 1935, Mars 1936)

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Budapest
Institut Littéraire et Imprimerie “Pâtria” S. A.
1936
Prix: 2 pengôs

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PENDANT ET APRÈS LA CRISE
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PAR

LE DR ALEXANDRE! SIPOS
chef de la Section des Recherches Économikrrés"de l'Office
Central Royal Hongrois de Statistique

Tirage à part

de la Nouvelle Revue de Hongrie
(Avril1933, Mars 1934, Mars 1935, Mars 1936)

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Institut Littéraire et Imprimerie “Pâtria” S. A.
1936
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        TABLE DES MATIÈRES

19382 : La crise économique en Hongrie ..
Les ,,ciseaux agraires‘‘ ........
Evolution du commerce extérieur .
Rythme de la production ....
Marché financier ...

1933 : La crise économique en Hongrie ..….....…..
La gravité de la crise agricole .....………....
Détente sur le marché de la main-d’oeuvre ........_.
Développement favorable de la balance du commerce extérieur ...
Tendance à une reprise dans la production industrielle .....…....
Accroissement du trafic intérieur .....
La Bourse et la dépression .…

1934 : La vie économique hongroise après le tournant de la crise ..…..…..…..….
Atténuation de la crise agricole .......
Fin de la crise en Boursé .......….
Amélioration des conditions du marché du travail ..
Accroissement des échanges avec l’étranger
Développement de la production industrielle
Développement des échanges à l’intérieur .

1935 : La vie économique hongroise sur la voie de la reprise .........…...
Elévation du niveau des prix de gros ......
Rendement de la production agricole ...….…....
Accroissement de la production industrielle et du commerce intérieur
Activité de la balance du commerce extérieur ..….
Tendance à une amélioration en Bourse

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        1932

La crise économique en Hongrie

La crise économique actuelle a débuté par la crise boursière
de 1927 qui deux ans plus tard, à la fin de 1929, fut suivie par la
crise industrielle. À partir de ce moment, toute la vie économique
s’est trouvée atteinte et la dépression résultant de la situation
économique mondiale n’a fait que s’accentuer.
L’affaiblissement des forces de la vie économique, au cours
de la seconde année des restrictions dans les transactions en
devises, c’est-à-dire en 1932, n’a fait qu’empirer mais à rythme
déjà beaucoup plus lent. On dispose déjà des plus importantes
statistiques permettant de dresser la bilan économique de l'année
dernière et de se faire une idée d’ensemble sur l’ampleur actuelle
de la crise économique en Hongrie. L'année dernière, les facteurs
de crise, dans leurs effets, furent loin d’être ce qu’au début de
l’année, on redoutait qu’ils ne soient. Il est vrai que le ralentissement
 de l’activité économique s’est poursuivi en 1932, mais la
disjonction, voire l'exclusion des facteurs économiques du domaine
de la vie économique, n’a pas revêtu le caractère d’une panique,
au contraire on peut dire qu’on a plutôt assisté à une retraite
en bon ordre.
Les mesures ‘d’exception prises au cours de l’année, les
décrets publiés en vue d’assurer l’équilibre budgétaire, de même
que la diminution des traitements des fonctionnaires, d’une part,
l’augmentation des impôts, taxes et en général des charges publiques,
 d’autre part, ont eu naturellement de graves répercussions
sur l’activité économique aux prises, sans cela, à de grandes
difficultés.
Le déclin du pouvoir d’achat des masses s’est fait ‘sentir
non seulement dans l’activité du commerce mais aussi dans la
production. De ce fait, le volume des transactions commerciales
        <pb n="5" />
        et les chiffres de la production sont en régression notable. En ce
qui concerne nos échanges avec l’étranger, les barrières dont
s’entourent les pays avec lesquels nous sommes en relations, de
même que les entraves apportées à la circulation des devises,
ont eu comme résultat un très fort recul de nos exportations.

Les ,,ciseaux agraires“
Au cours de l’année 1932, la crise des changes, les restrictions
 apportées aux transactions en devises, les obstacles mis aux
exportations, les contingents établis par les pays étrangers et,
en général, toutes les difficultés rencontrées par les ventes n’ont
fait qu’accentuer la crise dont souffre l’agriculture. La situation
n’a guère été améliorée par le nouveau décret sur la récolte publié
le 26 juin, et tendant à maintenir le système des bulletins de
céréales ,,Boletta‘, bien que ce décret, outre la prime accordée
à la production de céréales, ait envisagé aussi une certaine remise
d'impôts, en ce sens que l’impôt foncier d’Etat venant à échéance
au cours du prochain exercice budgétaire et dû par des propriétaires
 fonciers dont le revenu cadastral des terres sises sur le
territoire d’une commune n’excède pas 116 pengôs sera réglé
par un ,fonds agricole“ à créer aux termes du décret. La législation
 n’a pas perdu de vue la petite propriété pas plus que les
viticulteurs dont la situation est particulièrement difficile et elle
les-a dispensés de l’impôt foncier, faisant ainsi disparaître le caractère
 unilatéral du bulletin de céréales qui auparavant n’accordait
une aide qu’aux agriculteurs produisant du froment. Malgré tout
cela, la situation de l’agriculture a empiré du fait que la formation
 défavorable des prix des produits agricoles eut comme conséquence
 un ‘accroissement de l’écart entre les prix des produits
agricoles et ceux des produits industriels.
En raison de ce qui vient d’être énoncé, la capacité d’achat
de l’agriculture, — une des branches les plus importantes de
l’économie hongroise, — a diminué à nouveau dans une forte
mesure. Le fléchissement des prix, qui a eu son point de départ
sur les marchés étrangers, s’est fait sentir pendant toute l’année.
Les ,,ciseaux agraires‘“ faisant ressortir le pouvoir d'achat de
l’agriculture ent accusé le plus fort écartement pendant le dernier
 mois de l’année. Par centre les prix des produits industriels
se sont maintenus à un niveau assez satisfaisant. En Hongrie le
déclin des prix a débuté en avril et, à part une reprise passagère
et sans importance, en septembre, s’est maintenu jusqu’à la fin
de l’année. Le recul des prix a, bien entendu, atteint très durement
 les produits agricoles. L'indice faisant ressortir les oscilla-
        <pb n="6" />
        tions de prix des produits agricoles est tombé de 21 points jusqu’à
 la fin de l’année, atteignant ainsi le niveau le plus bas enregistré
 jusqu'ici. Par contre, les autres indices industriels ont fléchi
en tout de 11 points jusqu’à la fin de l’année. L'indice des produits
 agricoles, comparaison faite avec celui des produits industriels,
 se présente donc sous un jour assez défavorable. L'écartement
 des ciseaux agraires avait atteint 28,5 points et ceux-ci
accusaient en fin d’année le chiffre de 63,6. La disparité entre
le niveau des prix des produits agricoles et celui des produits
industriels était alors de 37,4 points.
Au cours des dernières années, on a enregistré dans les variations
 de prix des produits agricoles de fortes différences, et c'est
à cela que l’on doit attribuer le fait que les surfaces ensemencées
en froment, orge, avoine et betteraves ont légèrement diminué.
Pour ce qui est des betteraves, c’est surtout le contingentement
de la production de sucre qui est la cause du recul enregistré.
La régression la plus forte est relevée, bien entendu, dans les
ensemencements de froment, et le résultat en fut une diminution
de récolte de près de 4 millions de quintaux de froment. Comparaison
faite avec la récolte record de 1928, — 27 millions de quintaux
de froment, — la diminution représente plus de 11 millions de
quintaux. Ceci doit être attribué au fait que les possibilités d’exportation
 sont très réduites et que la concurrence des pays d’outremer
 est toujours plus forte.
Parmi les principaux produits agricoles, on enregistre une
augmentation dans la superficie ensemencée de seigle, maïs et
pommes de terre, d’où il résulte naturellement ‘un accroissement
des quantités récoltées; cet accroissement se chiffre pour les
pommes de terre par 2,4 millions de quintaux. La récolte de maïs
a atteint son maximum, l’année dernière, avec 24,4 millions de
quintaux, én augmentation de 9,2 millions de quintaux sur l’année
précédente ; il s’ensuivit naturéllement un fort fléchissement
des prix qui tombèrent de 18 pengôs en juin à 6,2 pengôs à la
fin de l’année. Pour ce qui est du froment, la récolte fut influencée
non seulement par la diminution des superficies ensemencées,
mais encore par le fléchissement du rendement à l’hectare, la
récolte moyenne enregistrant, en 1932, un recul de 2,1 quintaux
par rapport à 1931. Parmi les autres principaux produits agricoles,
la récolte moyenne de seigle a augmenté de 3,7 quintaux pour
passer à 12,9 quintaux, celle d’avoine de 4,2 quintaux pour atteindre
12,2 et celle de maïs de 2,1 quintaux pour se chiffrer par 20,9
quintaux. On relève également une forte avance dans le rendement
moyen -de la récolte de betteraves à sucre qui, par rapport à l’année
précédente, à augmenté de 14,2 quintaux.
        <pb n="7" />
        Les changements intervenus dans les superficies ensemencées
et le notable accroissement des moyennes de rendement exercèrent
naturellement une influence sur le marché intérieur et les troubles
survenus dans la capacité d’absorption eurent leur répercussion
en premier lieu sur la formation des prix. L'indice du commerce
de gros servant à chiffrer le niveau moyen des prix atteignit dans
le premier trimestre, avec 99, son point culminant de l’année.
Par suite du fléchissement des prix, ledit indice enregistra jusqu’en
fin d’année un recul de 18 points. Dans la période économique
actuelle, le niveau moyen des prix de gros atteignit en 1928, avec
138, son niveau le plus élevé, c’est-à-dire pendant la période qui
précéda le. ,,boom‘‘ industriel.
Les prix de détail n’ont pas marché de pair avec ceux de
gros. L'indice du coût de la vie, facteur important au point de
vue des salaires industriels, fléchit en tout et pour tout de 5,1
points, par suite principalement de la diminution saisonnière
des prix des articles d’alimentation.

Evolution du commerce extérieur
Notre commerce extérieur dont l’importance est si grande
au point de vue de la balance des paiements, a été fortement
atteint au cours de l’année dernière. Dans les échanges de marchandises
 internationaux, les troubles ont commencé à se faire sentir
dès septembre 1931 et depuis ce moment, les mesures prises par
certains Etats, en ‘partie pour des raisons de protection de la
devise, en partie pour accroître le rendement de certaines branches
de la production indigène, firent très fortement sentir leurs effets
sur nos exportations. En dehors du fait que les mesures concernant
les restrictions aux transactions en devises devinrent plus rigoureuses
 encore, certains Etats furent contraints de contingenter les
marchandises à importer. Par ailleurs, un événement d’importance
survint au mois de mars en ce qui concerne les échanges internationaux
 de marchandises, à savoir que l’Angleterre cessa d’être
un pays libre-échangiste.
Pour ce qui est des exportations en provenance de la Hongrie,
les mesures prises par l’Autriche, la Tchécoslovaquie, la France
et la Suisse exercèrent une influence paralysatrice. En présence
des difficultés qui en résultèrent, les accords de clearing, appelés
à faciliter le réglement de nos engagements financiers résultant
des échanges de marchandises, n’offrirent qu’un appoint assez
minime, L'année 1932 fut, au point de vue du commerce extérieur,
l’année la plus pénible de toutes celles qui se sont écoulées depuis
la phase culminante des conjonctures favorables de l’industrie.
        <pb n="8" />
        Nos importations de 1932 n’atteignirent que 335,3 millions de
pengôs contre 539,4 millions en 1931, Par rapport à 1931, la
régression des importations se chiffre en valeur par 204,1 millions
de pengôs, soit 37,8%. Comparaison faite avec 1929, — année
de la prospérité industrielle, — la valeur des importations de 1932
accuse une diminution de 728,8 millions de pengôs, soit 68,9%.
Les exportations de l’année dernière font ressortir une régression
très notable non seulement en quantité mais aussi en valeur ;
celle-ci dépassa à peine 330 millions de pengôs et resta inférieure
de 240 millions — soit de 44,4% — à celle de l’année précédente.
Si l’on oppose ces chiffres à ceux de 1929, les exportations accusent
 un recul de 708,1 millions de pengôs (68,2%). La balance de
notre commerce extérieur a clôturé avec un solde actif de 31 millions
de pengôs en 1931. L'ensemble des transactions commerciales,
au cours de l’année, n’a fait que 665,7 millions de pengôs, soit
donc une moins-value de 448 millions par rapport à 1931 et un
recul de 1.430 millions par rapport à 1929,
Le fléchissement de nos exportations atteignit en premier
lieu et très fortement notre agriculture. Par suite de la fermeture
des débouchés, nous n’avons pu maintenir nos exportations à
un certain niveau qu’en faisant de grands sacrifices sur les prix.
Parmi les articles industriels exportés, on enregistre un fléchissement
 sensible uniquement dans les fourrures travaillées, Nos
exportations de charbon se tinrent pour ainsi dire au niveau de
l’année précédente, tant en quantité qu’en valeur. Pour ce qui
est de nos exportations de wagons de chemins de fer, elles font
ressortir une certaine augmentation, en valeur, par rapport à 1931.

Rythme de la production
Le resserrement considérable des importations permet de
se rendre compte clairement du développement de la production.
La consommation de coke industriel subit une régression de 30%,
quant à la quantité de charbon consommé, elle est de 15,4%
inférieure à celle de 1931. Les statistiques permettant d’apprécier
la diminution de la consommation montrent que le recul de celle-ci
n’est pas proportionné au fléchissement de la production.
La consommation de sucre ne diminua en tout que de 10,3 %
et n’accuse qu’un recul de 17,7% même en comparaison avec
1929 qui fut, pour cette industrie, une très bonne année; par
contre, notre production de sucre a diminué de 17,7% par rapport
à 1931, et de 59,5% par rapport à la production maximum de 1929.
Pour juger la situation de la production hongroise, il importe
de présenter, en premier lieu, les données concernant la production
        <pb n="9" />
        10

de minerai de fer, de mâchefer, de fer d’affinage et de charbon.
La production de minerai de fer et celle de mâchefer est tombée,
en 1932, à son niveau le plus bas, et même au cours du dernier
mois de l'année, la production ne s’est pas relevée. La production,
pour l’ensemble de l’année, accuse un fléchissement de 32,3%,
par rapport à l’année précédente, et un recul de 79,1% par rapport
à 1929, année de la haute conjoncture industrielle. De même,
la production de fer d’affinage est tombée à son point le plus bas
en 1932. Dans cet article, le fléchissement de la production est
encore beaucoup plus important, étant donné qu’elle accuse une
diminution de 58,5% sur 1931 et de 82%, sur 1929.
Ce qui permet de conclure à l’aggravation de la dépression
économique et d’entrevoir l’évolution future, c’est l’amoindrissement
 des différents facteurs de la production. Dès maintenant,
dans les différentes branches de production, le rendement est
tombé à un niveau tellement bas qu’il ne saurait être question
d’une nouvelle restriction, et ceci d’autant moins que, comme
nous l'avons vu, la diminution de la consommation est loin d’être
proportionnée au fléchissement de la production, de sorte que
la fabrication d'articles de première nécessité devrait reprendre
sous peu, ce qui aurait nécessairement une influence stimulatrice
sur les autres branches. La répercusison en serait un élargissement
des possibilités de travail et partant de là, de gain.
En ce qui concerne le marché du travail, on peut constater
par ailleurs que la’ tension qui a débuté en 1929 et n’a fait que
croître d’année en année pour atteindre au mois de janvier 1932
son point culminant, est dès maintenant en régression. Si l’on
examine les statistiques de chômage publiées par les syndicats,
— chiffres ne mettant pas en évidence la totalité des chômeurs
mais qui caractérisent cependant la situation — on note que le
nombre de chômeurs inscrits atteignit son maximum au mois
de janvier avec 33.893. Au mois de décembre, 32.073 chômeurs
figuraient sur les listes, ce qui fait ressortir une diminution de
3,2% par rapport à l’année précédente.
Au cours des derniers mois de l’année, l’accroissement
saisonnier du nombre des chômeurs n’a dépassé en aucun moment
les cadres normaux des diverses périodes de l’année, ce qui permet
de conclure que, depuis le mois de janvier 1932, date marquant
le point culminant, la tendance ascendante du chômage a cessé
et que, pour l’année 1933, le marché du travail peut compter
éventuellement sur une tension moins forte.
La diminution de l’activité commerciale et de la production
industrielle ressort également des chiffres concernant le trafic
ferroviaire. Par rapport à l’année précédente, le volume de marchan-
        <pb n="10" />
        11

dises transportées par voie ferrée a diminué de 24,1%. Chiffrées
en wagons, les quantités de marchandises transportées ont diminué
de 18%. Au cours de l’année 1931, le nombre de wagons chargés
a diminué de 218.000 en chiffres ronds ; par ailleurs le nombre
de voyageurs transportés accuse une régression non moins importante,
 elle se chiffre en effet par 14,5 millions, soit 20,5% par rapport
à 1931. Les données du trafic postal font apparaître également
un notable fléchissement. Parmi les chiffres s’y référant, on peut,
à titre d’exemple, choisir le nombre de plis postaux expédiés ;
celui-ci accuse une diminution de 40,8 millions de pièces, soit une
régression d’à peu près 11% sur 1931, et de 22,6% par rapport
à 1929.

Marché financier
C’est à dessein que dans notre exposé nous avons laissé
pour la fin les données ayant trait au marché financier et au
crédit. Depuis la mise en vigueur du moratoire des transferts,
ces données n’offrent pas une image aussi nette qu'auparavant.
Tandis qu’à la fin de l’année précédente, la circulation fiduciaire
se chiffrait par 422,8 millions de pengôs, elle ne faisait plus, à
la fin de l’année 1932, que 352,7 millions, soit donc une diminution
supérieure à 70 millions de pengôs. Par contre, le portefeuilleeffets
 de la Banque Nationale s’est accru de 22 millions pour
passer à 462,9 millions. La diminution survenue au cours de
l’année 1932 dans la réserve métallique n’est pas très importante,
elle n’atteint en tout que 4,6 millions de pengôs, contre 81 millions
pour l’année précédente. Ce changement a affecté surtout l’encaisseor
 qui tomba à 96,6 millions.
L’heureux changement survenu dans les taux d’intérêt n’a
pas été d’une importance très particulière au point de vue de la
liquidité de l’argent. Le taux officiel d’escompte fut abaissé de
3,5 et ramené, en fin d'année, à 4,5%. Au cours des derniers mois
de l’année, on a payé sur les dépôts bloqués 4% et sur ceux à
vue 3%. Les dépôts d’épargne ne subirent au total qu’un fléchissement
 de 22 millions, tandis que les dépôts en comptes-courants
accusèrent une augmentation de 8 millions de pengôs en chiffres
ronds. La grande incertitude qui accompagnait la clôture provisoire
des banques, ordonnée en 1931, et qui eut comme résultat final
la fermeture de la Bourse des Valeurs de Budapest, a disparu peu
à peu. De toute façon, on doit voir une preuve du retour à une
vie économique plus normale dans le fait que le 20 septembre
on a rouvert la Bourse.
Les fluctuations des cours persistèrent, avec tendance à
la baisse et, jusqu’à la fin de l’année, l’indice du cours des titres
        <pb n="11" />
        12

accusa un recul de 14,4 points, on doit done y voir l’effét de la
dépression générale, respectivement une preuve de ce que la Bourse
aux Valeurs est toujours très sensible aux changements survenant
dans la vie économique. Il est toutefois permis de conclure d’après
les données ci-dessus, — caractéristiques pour l’évolution de la
vie économique, — que l’on semble être sur la voie qui permet
de sortir des ténèbres de la crise économique, et ce bien qu’en
dehors de la détente enregistrée sur le marché du travail, du
fléchissement des taux d’intérêt et de l’amélioration de la sûreté
du crédit, d’autres facteurs ne viennent pas renforcer cette
hypothèse d’une manière suffisamment catégorique.
        <pb n="12" />
        19335

La crise économique en Hongrie

Lorsque au cours de 1932 nous avons, dans cette revue,
donné un aperçu de la situation économique, nous avons exprimé
la conviction que la grave crise économique, sévissant alors depuis
trois années, se trouvait depuis assez longtemps déjà à la dernière
étape de son développement et qu’elle était déjà dans un stade
de dépression. Nous avons terminé notre exposé en déclarant que,
sur la base de l’évolution de quelques données statistiques représentatives,
 caractérisant nettement les oscillations relevées sur
les facteurs de la vie économique, on pouvait établir que la dépression
 tirait également à sa fin.
Nous basions alors ces espoirs uniquement sur le fait que
certaines données statistiques avaient enregistré leur niveau le
plus bas et qu’on relevait même une amélioration, à peine perceptible
 il est vrai,-mais cependant évidente. Toutefois, si minime
qu’ait été cette amélioration et bien qu’elle n’ait porté que sur
une ou deux données statistiques, il n’en est pas moins vrai qu’on
en pouvait déduire que l’année 1933 serait celle du tournant de
la crise et de plus qu’on assisterait à une reprise dans le domaine
économique. Bien que cette reprise. ne se soit pas produite en
1933, il ne fait cependant aucun doute que l’on marche à grands
pas vers le dénouement ; ainsi, nous ne nous sommes pas trompés
en émettant les hypothèses esquissées dans notre aperçu de la
situation économique relatif à l’année 1932.
Au début de l’année, en raison de la crise financière générale,
le gouvernement prolongea jusqu’au 22 décembre le moratoire
des transferts, c’est-à-dire le versement ‘en pengôs des dettes
existant à l’égard de l'étranger; en même temps, il publia un
décret portant réglement des modalités des engagements concernant
les dépôts en pengôs pendant cette période transitoire. Les décrets
        <pb n="13" />
        4

sur les paiements à effectuer en or furent également prolongés.
Au même moment cependant une autre catégorie de décrets
gouvernementaux édita des stipulations en vue d’assurer l’équilibre
budgétaire ; à cet effet le taux des différents impôts fut considérablement
 relevé, tandis que les dépenses de l’État et des corps
autonomes subissaient une diminution. Bien entendu, ces mesures
ayant été prises à une époque de dépression, ne purent assurer
l’amélioration des conditions de l’économie privée. Il est également
 naturel que dans la première moitié de 1933 la crise financière
et la crise de confiance aient encore accusé une aggravation transitoire
 et ce, dans toutes les parties de l'univers ; aussi a-t-on eu
l'impression bien nette que la situation continuerait encore à
empirer.
Ce fait explique suffisamment le grand intérêt qui s’est
manifesté à l’égard de la Conférence Economique mondiale tenue
à Londres aux mois de juin et juillet, ainsi que les espoirs que
l’on nourrissait dans tous les pays sur les résultats des travaux
de cette conférence. En effet, celle-ci se proposait non seulement
d'étudier toutes les questions économiques ayant trait à la dépression,
 mais encore d’éliminer toutes les causes empêchant de sortir
de la crise et de créer une situation propice à la renaissance économique
 en atténuant la crise de confiance. Malgré cela, l’insuccès
de la Conférence de Londres fut loin d’exercer l’effet déprimant
que l’on pouvait redouter non sans raison, vu l’ajournement de
la solution à apporter aux importantes tâches qu’elle s’était
assignées. Pour la Hongrie non plus, cet insuccès ne signifiait
pas des obstacles insurmontables, bien que l’on ait fondé, sans
doute, de grands espoirs sur les accords équitables à conclure
avec les Etats créanciers et sur un réglement du service des dettes
apportant l’allégement de ces charges, Cependant les différents
pays essayèrent de combattre la crise économique et d’atténuer
ses effets en faisant appel, chacun en ce qui le concernait, à toutes
ses ressources, mais il s'agissait là d’une action isolée et sans assistance
 mutuelle, puisque la conférence elle-même avait déclaré
que ces tâches constituaient pour chaque Etat des affaires internes.
Dans la seconde moitié de 1933, l’atténuation de la crise
économique se fit sentir dans une certaine mesure, et comme
nous allons le voir dans la suite de notre étude, en plusieurs domaines
l’amélioration put être démontrée par des chiffres. Au cours de
l’année, le développement numérique de très nombreux phénomènes
 économiques atteignit et dépassa le point le plus bas. Il
est vrai que l’amélioration survenue après le tournant fut interrompue
 plus d’une fois par des rechutes, mais celles-ci ne pouvaient
plus influencer la tendance légèrement ascendante des différentes
        <pb n="14" />
        15

séries de chiffres. L'amélioration fut le plus sensible sur le marché
de la main-d’oeuvre, où la tension subit une considérable détente.
De même, elle s’est manifestée dans l’accroissement de l’activité
des différentes branches de production, dans l’animation des
échanges intérieurs et dans le solde actif de la balance du commerce
extérieur. I] n’y a que dans le domaine du développement des
prix que l’amélioration depuis si longtemps et si ardemment
attendue par l’agriculture, ne se soit pas réalisée en 1933. La
dépression des prix se maintint pendant toute l’année, bien que
dans la seconde moitié la chute des cours se ralentit et fit place
à un lent effritement des prix. Quant au dernier trimestre de
l’année, la fluctuation des prix autour du point le plus bas de
la courbe se confina dans des limites tout à fait étroites, ce qui
peut être considéré comme un signe encourageant pour l'avenir.

La gravité de la crise agricole
Bien qu’au cours de l’année 1933 on ait enregistré une
amélioration dans maints domaines de la vie économique, amélioration
 qui s’est manifestée par un lent redressement des cours
par rapport au point le plus bas, la crise agricole a continué néanmoins
 à s’aggraver. Ainsi, la disproportion si souvent discutée
qui existait déjà auparavant entre la situation de l’industrie et
celle de l’agriculture a grandi encore. L'écart entre les prix des
articles industriels et ceux des produits agricoles a pris des proportions,
 jusqu’ici inconnues et, de ce fait, le pouvoir d’achat de
l’agriculture a subi une chute vertigineuse, qui a décidé les facteurs
compétents à maintenir le système des bulletins de céréales en
vigueur. Il est vrai que cette mesure n’a porté qu’un bien maigre
remède à la crise agricole, cependant elle a eu pour effet de diminuer
la charge des risques encourus par les producteurs. Une aide
beaucoup plus efficace a été accordée à l’agriculture par le décret
gouvernemental au sujet du réglement des dettes agricoles, publié
au mois d'octobre et accordant aux débiteurs un répit de
deux ans. ,
En ce qui concerne la pénible situation de l’agriculture,
il y a lieu de constater, — ce que l’on a pu voir d’ailleurs durant
la crise, — qu’avec son système actuel, la production agricole
est par trop rigide, de sorte qu’elle ne s'adapte que très lentement
 ou même pas du tout aux nouvelles conditions, ce qui s’explique
 d’ailleurs par les difficultés qu’entraînent la réorganisation
et la transformation de la production. Au contraire, la production
industrielle possède une faculté d’adaptation essentiellement plus
grande, de sorte qu’elle sait beaucoup plus facilement s’accomoder
        <pb n="15" />
        Là

même de conjonctures économiques défavorables. Dans ces circonstances,
 tant que les heureux effets des résultats de l’économie
dirigée ne pourront se faire sentir, on ne saurait attendre une
atténuation de la crise agricole que d’influences extérieures
c’est-à-dire de l'amélioration des prix, et d’une reprise économique
générale. Malheureusement, à ce point de vue, l’année 1933 a été
encore défavorable, car dans les premiers mois de l’année les
cours des produits agricoles ont enregistré, à nouveau, un fort
recul. La restriction de la consommation, la nouvelle diminution
du pouvoir d'achat ainsi que l’abondance de la récolte ont, dans
le second semestre de l’année, exercé une influence néfaste sur
la vente des produits agricoles et sur le développement relatif
des prix.
La superficie des territoires ensemencés n’a subi en Hongrie,
au cours de l’année 1933, qu’un changement tout à fait insignifiant,
 et malgré cela le rendement des différents produits agricoles
importants a été très favorable par suite de l’abondance de la
récolte. Celle du froment fait ressortir un accroissement de 7 millions
 de quintaux par rapport à l’année précédente et de 3 millions
de quintaux par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
L’accroissement de la récolte en pommes de terre se chiffre par
4 millions de quintaux en chiffres ronds. Celle du seigle est en
augmentation de 1,6 million de quintaux par rapport à celle
de 1932. Bien entendu, ces résultats ne pouvaient pas rester sans
effet sur l'écoulement des produits agricoles, non plus qu’en ce
qui concerne le niveau de leurs prix, déjà très bas. Néanmoins,
la récolte abondante n’a pas déterminé, au dernier trimestre de
l’année, une nouvelle chute de prix, comme pouvaient le faire
craindre la diminution du pouvoir d’achat et le rétrécissement
de la consommation.
Dans le domaine des prix du commerce de gros, on assista,
dès le mois de mars, à un nouveau déclin après l’amélioration
provisoire survenue pendant les deux premiers mois dé l’année
passée. Outre les causes provenant de la situation, ce fléchissement
 des prix est indibutablement en rapport avec l’augmentation
 des charges publiques et avec la nouvelle réduction des
émoluments des fonctionnaires publics. Il faut toutefois faire
remarquer que la chute des prix enregistrée au cours de l’année
1933 et qui prit fin au dernier trimestre de l’année ne suivit pas
un rythme aussi précipité que l’année précédente. L'indice des
prix marquant le niveau moyen des cours dé gros, calculé en
prenant pour base (100) les prix de 1913, tomba en 1932 de 17
points, pour se chiffrer par 81, et en 1933 on enregistra une nouvelle
chute de 13 points. Au mois de septembre dernier, l’indice ayant
        <pb n="16" />
        17

reculé à 70, atteignit son point le plus bas au cours de la crise.
Par rapport au point maximum atteint en 1929, il se trouva dès
lors de 66 points plus bas.
Il n’y a aucun doute qu’en ce qui concerne la régression
des prix de certains produits agricoles, l’année 1933 fut très
critique, à tel point que seule l’année 1930 fut pire. En effet, au
cours de l’année dernière, le prix du froment, du seigle, de l’orge
et de l’avoine tomba à un niveau inconnu jusqu’alors. Le recul
du prix du froment et du seigle se poursuivit toute l’année et
c’est en décembre qu’on releva le niveau le plus bas enregistré
jusqu'alors. En ce qui concerne le froment, la perte de prix atteignit
51,9% Quant au seigle et à l’orge, le recul fut respectivement
de 42,5 et 24,1 %,. Il est naturel que, dans ces circonstances, l’indice
des prix des produits agricoles accusât de fortes oscillations.
Ici, le fléchissement des prix représente 24 points en 1932 et 19
points en 1933; c’est en septembre 1933 que le chiffre indice
fut le plus bas, avec 54 points. En raison de cette forte chute,
l’écart des ciseaux agraires indiquant le développement des prix
agricoles et industriels s’agrandit de 18 points au cours de l’année
1933, de sorte qu’au mois de septembre il existait une disparité
de 50% entre le prix des produits agricoles et celui des articles
industriels. Au cours des derniers mois de l’année, le fléchissement
 fut suivi d’une amélioration temporaire, ou plutôt d’une
stabilisation autour du point le plus bas, fait qui à lui seul revêt
une grande importance. En effet, l’écart des ciseaux agraires a
diminué de 2,4 points. Il est vrai que le fait était dû plutôt à
un léger fléchissement du prix des acticles d’industrie. Si l’on
compare les reculs de prix importants qui se produisirent au début
et la stagnation enregistrée à la fin de l’année, on constate, sans
aucun doute, qu’au point de vue du développement ultérieur
des prix, et compte tenu de l'influence d’autres facteurs'd’amélioration,
 on peut considérer la stabilisation des prix comme un heureux
présage.

Détente sur le marché de la main-d’oeuvre
Durant la crise économique, le chômage, dont la gravité
alla en augmentant, fut l’un des plus sérieux facteurs contribuant
à aggraver la crise, à tel point que les milieux gouvernementaux
en furent également fort préoccupés. Précisément pour cette
raison, le fait que la tension du marché de la main-d’oeuvre ait
atteint son point culminant au début de l’année 1932, simultanément
 avec le maximum saisonnier du nombre de chômeurs
enregistré aux syndicats ouvriers, revêt une grande importance.
        <pb n="17" />
        13

A cette date, 33.893 chômeurs inscrits aux syndicats grevaient
le marché du travail.
Cependant, dès 1932, il apparut que la tension du marché
de la main-d’oeuvre allait fléchir, puisque les influences d’ordre
saisonnier, après avoir été, au cours des années précédentes, très défavorablement
 influencées parle resserrement des possibilités, présentaient
 de nouveau une évolution normale. Dans la seconde moité
de 1932, on put voir clairement qu’en ce qui concerne la tension
du marché de la main-d’oeuvre, le tournant s’était réellement
produit au début de l’année et que, dès ce moment, on devait
compter, pendant plusieurs années, sur une tendance régressive
du chômage. Ce fait s'explique non seulement par la lente amélioration
 des conditions économiques et l'accélération du rythme de
la production, mais aussi, en partie, par le fait que les jeunes
gens nés pendant les années de guerre sont maintenant en âge
de gagner leur vie, mais cette génération, contrairement à celles
d’avant-guerre ou d’après-guerre, accuse, par suite du déficit
des naissances pendant la période de guerre, une diminution
importante. ‘
Au début de 1932, le nombre de chômeurs atteignit son point
maximum avec 33.893. Cependant, au mois de janvier 1933 il
n’y avait plus que 32.609 chômeurs, soit 3,8% de moins que
l’année dernière, Au cours de l’année 1933, la fluctuation saisonnière
du chômage présenta déjà un aspect tout à fait normal, d’où
l’on put tirer d’importantes conclusions sur l’amélioration de la
situation économique.
Depuis le maximum enregistré l’année dernière, une détente
rapide se produisit sur le marché de la main-d'oeuvre. La diminution
 du nombre des chômeurs enregistrés pour différents mois
dépassa de beaucoup. les cadres correspondant aux influences
saisonnières, Il devint évident que la tendance qui s’était affirmée
 jusque là était maintenant remplacée par une autre, favorable
d’ailleurs, c’est-à-dire que l’on assistait vraiment à la diminution
du chômage. La proportion de l’amélioration peut être beaucoup
mieux appréciée en comparant les points saisonniers les plus
bas relatifs à des époques ultérieures, ce qui est tout à fait compréhensible
 étant donné que, sous l'influence de l’évolution modifiée
et vu le renversement du sens de la crise, le chômage diminua
plus tard à un rythme plus rapide. Lors du niveau le plus bas
de septembre 1932, le nombre de chômeurs s’élevait à 28.882,
alors qu’en 1933, à la même époque, il ne faisait plus que 24.983,
soit une diminution de 13,5% au profit de l’année 1933, phénomène
qui ne pouvait rester sans effet sur le maximum du mois de janvier
1934, époque à laquelle le nombre des chômeurs ne dépassa guère
        <pb n="18" />
        19

28.000. L'évolution favorable du chômage, au cours de l’année
(933, compte tenu également du recul des naissances pendant
la guerre, permet de constater, sans aucun doute, que tous les
[acteurs qui depuis le milieu de l’année 1929 avaient contribué
à l'accroissement de la tension du marché de la main-d’oeuvre
ont perdu de leur force. Quant à l’avenir, tout semble indiquer
que l’état de paralysie et d’engourdissement de la vie économique
n'existe plus.

Développement favorable de la balance
du commerce extérieur
Les efforts faits par la Hongrie, depuis son exclusion du
trafic international de marchandises, en vue de participer de
nouveau à ces échanges, ont été couronnés d’un succès plus grand,
en 1933, qu’au cours de l’année précédente. Bien que l'isolement
Économique et la tendance à l’autarchie, au lieu de diminuer,
se soient accentués de part et d’autre, la Hongrie a réussi, malgré
tout, à assurer à ses produits agricoles de plus larges débouchés.
En ce qui concerne la valeur du trafic mensuel du commerce
extérieur, en 1927, le point culminant a été atteint, aux importations,
 avec 118,5 millions de pengôs et, aux exportations, à la
fin de 1928, avec 84,2 millions. Au contraire, le niveau le plus
bas a été enregistré au mois de février 1933 avec 21,6 millions
de pengôs pour l'importation et au mois de juillet 1932, avec
22,9 millions pour l'exportation. En 1933, la moyenne du trafic
mensuel se chiffrait déjà par 27,3 millions pour l'importation et
32,3 millions pour l'exportation. En ce qui concerne le premier
chiffre, il n’était que très légèrement inférieur à celui de l’année
1932 ; quant au dernier, il accusait au contraire un accroissement
de 4,8 millions de pengôs. A partir de la seconde moitié de l’année
dernière, les chiffres de l’importation mensuelle, de même que
ceux de l’exportation, ont accusé une amélioration prononcée,
et étant donné qu’une période assez longue s’est écoulée depuis
le moment où la situation s’est trouvée au point le plus bas, l’amélioration
 durable, persistant malgré de légers reculs, peut être
considérée comme un symptôme encourageant pour l'avenir.
Les résultats globaux du commerce extérieur de l’année
1933 sont également rassurants et permettent de conclure à une
amélioration. Certes, comparés au trafic maximum réalisé en 1929,
ces résultats sont encore assez modestes, mais ceci n’a rien d’extraordinaire,
 car en cette année-là, année de prospérité économique,
les importations hongroises s'étaient élevées à 1.063,5 et les exportations
 à 1.038,5 millions de pengôs. Ce n’est qu’en mettant ces
chiffres en parallèle avec les résultats de 1933 que nous obtenons

1
        <pb n="19" />
        20

une image nette révélant dans quelle effrayante mesure la participation
 de la Hongrie au trafic du commerce international s’est
rétrécie pendant la crise. Le total des importations, en 1933, s’éleva
à 314,4 millions de pengôs et celui des exportations à 390,5
millions. Ces chiffres accusent, par rapport à l’année 1929, une
régression de 74,5% pour l'importation et de 67,3% pour l’exportation.

Au cours de l’année dernière, le commerce extérieur de la
Hongrie a donné une plus-value supérieure à celle de l’année
précédente. Bien que la valeur des importations ait été inférieure
de 13,9 -millions de pengôs à celle de l’année précédente, le montant
total des exportations a accusé une augmentation de 56 millions.
Le solde actif de la balance des échanges extérieurs hongrois a
été considérable. Alors que pour l’année 1932 il n’avait été que
de 6 millions de pengôs, l’excédent des exportations a en 1933
atteint 81,1 millions. En ce qui concerne les articles d’importation,
le recul des achats de bois, papier, tissus de laine et de coton est
remarquable. Au contraire, l’importation- des matières premières
textiles accuse un notable accroissement. Au point de vue de
l’occupation de la main-d’oeuvre nationale, on est heureux de
constater que les importations de matières premières ont sensiblement
 augmenté au cours de 1933 aux dépens des produits demifinis
 et finis.
La participation des différents pays au trafic du commerce
extérieur hongrois a subi en 1933 un changement considérable.
L’accroissement des exportations a eu pour résultat l’extension
des rapports de la Hongrie surtout avec la Tchécoslovaquie, la
Suisse, l’Italie et l’Allemagne. Les importations hongroises en
provenance d’Italie et de France accusent une augmentation très
sensible, de même que les importations des Etats-Unis. Quant
aux rapports commerciaux de la Hongrie avec l'Autriche et la
Bulgarie, ils présentent une régression. En ce qui concerne l’Autriche
les exportations hongroises, en froment et en seigle, ont sensiblement
 diminué, de même que les exportations d'articles industriels
hongrois en Bulgarie. En raison du recul des importations de bois,
surtout de bois ouvrés, le trafic de la Hongrie avec la Roumanie"
fait apparaître une régression. Le fait que les produits agricoles
et industriels hongrois ont pu trouver un écoulement, au cours
de l’année dernière, dans des pays et sur des marchés qui ne pouvaient
 guère entrer en ligne de compte auparavant, doit être

4 Voir l‘étude de M. Meszlényi : Le trafic du commerce extérieur de la Hongrie
au cours des neuf premiers mois de l‘année 1933. Magyar Statisztikai Szemle (Revue
Statistique Hongroise), 1933, No. 11.
        <pb n="20" />
        21

attribué surtout à l’état de choses résultant du régime des restrictions
 dans les transactions en devises.
Ê Bien que les résultats obtenus par les efforts de la Hongrie
dans le domaine du commerce extérieur, au cours de l’année
dernière, soient indiscutables, il ne faut pas perdre de vue que
l’accroissement de la participation de la Hongrie au trafic commercial
 international tendait, en premier lieu, du côté hongrois,
à assurer de nouveaux débouchés aux produits agricoles, ce qui
fait que ce point de vue a prévalu sur l’intérêt monétaire, lequel
revêt cependant une si grande importance au point de vue du
bilan des paiements. Les résultats obtenus sont certainement
rassurants, mais en les appréciant il faut aussi se demander dans
quelle mesure on réussira à conserver à l'avenir les nouveaux
débouchés, acquis au prix de certains sacrifices, aux excédents
des produits agricoles hongrois.

Tendance à une reprise dans la
production industrielle
Dans ce qui précède, nous avons esquissé la situation de
l’agriculture, la crise agricole provoquée par les chutes de prix
persistant depuis des années, et nous avons indiqué les mesures
vouvernementales prises en vue de venir en aide à l’agriculture
hongroise arrivée au bord de l’abîme, Nous avons également mis
en relief la situation désavantageuse que peut connaître l’agriculture
 à l’époque de mauvaises conjonctures économiques. Du
reste, les cycles de conjonctures indiquent plutôt le développement
de l’activité industrielle et commerciale que celui de l’activité
agricole,
Les colonnes de chiffres statistiques représentant la production
 industrielle et le mouvement commercial font apparaître des
phénomènes d’ordre différent. À cette place nous ne pouvons
examiner de près que le développement numérique de certains
facteurs de prime importance qui, pour une raison quelconque,
sont plus étroitement liés à la situation prévalant et qui par conséquent
 se prêtent particulièrement bien à révéler les changements
auxquels on peut s'attendre dans la vie économique.
Il est hors de doute que depuis l’époque où la conjoncture
Industrielle a enregistré son point culminant, un important recul
est survenu dans la production, ce qui s’explique par la grande
faculté d’adaptation de l’industrie à l’égard des changements
survenant dans la vie économique. En ce qui concerne la production
de fer brut en Hongrie, les chiffres mensuels de novembre 1929
ont atteint le niveau le plus élevé avec 357.000 quintaux, tandis
que le mois de décembre 1932 a représenté le point le plus bas ‘avec
        <pb n="21" />
        22

35.000 quintaux. Ainsi, en 2 ans, la production mensuelle est
tombée à un dixième. Depuis l’état le plus bas relevé au cours
des derniers mois de l'année 1932, une tendance à la reprise, de
plus en plus accentuée, se fit sentir dans la production, de sorte
qu’un an après le chiffre le plus bas la production mensuelle avait
augmenté de 59.300 quintaux, soit de 169,2%. Le rythme du
relèvement s’accéléra surtout depuis le deuxième trimestre de
l’année 1933.
Les chiffres mensuels de la production de minerai de fer et
de scories de fer ont atteint leur point le plus bas au mois de mai
1932 avec 33.000 quintaux (la production mensuelle a enregistré
son niveau le plus élevé en 1929 avec 228.000 quintaux). Depuis
le point le plus bas sus-mentionné, la production s’est accrue
également dans ce domaine et une amélioration prononcée s’est
lait sentir. Au cours du dernier mois de 1933, la production mensuelle
 a dépassé 39.000 quintaux et au cours du mois précédent
la production a même dépassé 49.000 quintaux, chiffre qui représente
 le rendement le plus important relevé depuis l’avènement
de la tendance à la reprise. Cependant, la production totale pour
l’année 1933 n’a été, par suite de reculs temporaires, que de 500.200
quintaux, c’est-à-dire de 27.000 quintaux (5,1%) inférieure à
celle de l’année précédente. Ainsi, en fin de compte, la production
annuelle a enregistré en 1933 son point le plus bas. Par rapport
au point culminant réalisé en 1929 avec 251.700 quintaux, la
production totale annuelle accuse un recul de 80,5%, Le développement
 de ces deux séries de chiffres permet de voir le rythme rapide
et la mesure importante du rétrécissement de la production au
cours des années de crise. La conclusion que l’on peut tirer dé ces
faits pour l’avenir est favorable, en ce sens que, pendant la période
de dépression, la production se tenait à un niveau si bas qu’il
n’est guère possible de l’y maintenir plus longtemps. L'amélioration
observée au cours de l’année dernière témoigne également d’un
lent relèvement de la dépression pour les différentes branches
de production. Ces explications permettent également de constater
 que, dans la vie économique, les forces d’ascension commencent
 lentement à s’affirmer.
Pour ce qui est de la production sucrière, la campagne qui
vient de s’écouler a réalisé une production dépassant de 32.000
tonnes celle de 1932 qui s’était chiffrée par 103.000 tonnes. Il
ressort de ce résultat que la production sucrière a sensiblement
augmenté au cours de l’année dernière, ce qui était dû cependant
à l’extension de la production des betteraves et non pas à l’augmentation
 de la consommation de sucre, de sorte que les stocks
accusent un accroissement en rapport.
        <pb n="22" />
        23

En ce qui concerne la production de courant életctrique, elle
a accusé, dès l’année 1932, un accroissement et cette tendance
s’est maintenue au cours de l’année dernière. En cette matière,
nous sommes cependant réduits à l’examen des seuls chiffres
concernant la production sur le territoire de la capitale. Ces
chiffres font resortir, pour l’année dernière, une augmentation
de 9%, Cependant, pour ce qui est de la quantité de courant
distribuée aux moteurs, on note une augmentation de 15.000 Kw,
soit 17,9% de plus que l’année précédente. Rien que l’examen
de ces quelques chiffres peut convaincre que d’une manière générale
 la production est dès maintenant tombée au point le plus
bas, et qu’en certaines branches de la production on a déjà franchi
le tournant critique, de sorte que l’entrée en jeu progressive des
facteurs productifs dans la vie économique est dès maintenant
en cours.

Accroissement du traîie intérieur
Au cours des explications ci-dessus, nous avons vu que,
sur différents points de la vie économique, on relève des améliorations
 d’une certaine envergure. Il est hors de doute que l'effet
de celles-ci, par rapport aux résultats de l'année 1932, se fait
sentir aussi en d’autres domaines, y compris le trafic intérieur.
Quoique les transactions intérieures ne montrent pas une sensibilité
 particulière aux conjonctures, tous les symptômes révèlent
que le resserrement du trafic qui se poursuit depuis plusieurs
années a pris fin et qu’on relève déjà une reprise. Précisément
pour la raison que les chiffres des transactions réagissent plus
lentement aux changements intervenant dans la vie économique,
on peut considérer comme un symptôme favorable l’amélioration,
si minime soit-elle, survenue dans ce domaine depuis la période
marquant le. niveau le plus bas.
Pour ce qui est du trafic ferroviaire, quelques chiffres représentatifs
 permettent d’apprécier clairement la situation actuelle.
La quantité mensuelle de marchandises transportées a atteint
le point le plus bas, au mois de février 1933, avec 814.000 tonnes ;
il convient de faire remarquer qu’en février 1927 la quantité
transportée a été de 1.577.000 tonnes. On doit cependant considérer
comme un symptôme encourageant le fait que le point le plus
bas s’est rencontré au début de l’année, puisque dans le reste
de l’année la tendance ascendante a été favorablement influencée
aussi par les facteurs saisonniers qui se sont affirmés cette fois
beaucoup plus fortement qu’au cours de l’année 1932.
Néanmoins, la quantité de marchandises transportée par
fer pendant toute l’année (13.484.000 tonnes) n’a dépassé que
        <pb n="23" />
        da

très légèrement celle de l’année précédente (13.474.000 tonnes).
Pour ce qui est des perspectives d’avenir, ce sont plutôt les chiffres
en augmentation du second semestre qui entrent en ligne de compte.
En effet, le trafic de chacun des mois de cette période a été supérieur
au trafic du même mois de l’année précédente.
ll y a, par ailleurs, encore un fait qui montre l’amélioration
du trafic intérieur. En 1932, le nombre des wagons de marchandises
 chargés a été de 982.000, tandis qu’en 1933 ce chiffre a dépassé
le million. Au temps de la prospérité industrielle, en 1928, le
nombre de wagons chargés oscillait autour de 1,5 million. Mais
de plus, dès le premier trimestre de 1933, le recul dans le trafic
des voyageurs a cessé également, et des signes d’amélioration
sont apparus, moins sensibles pourtant que dans le domaine des
transports de marchandises. Ainsi, au cours de l’année 1933, le
nombre de voyageurs transportés sur le réseau des chemins de
fer réunis n’a été que très légèrement supérieur au chiffre de 1932.
Quant au trafic postal, son amélioration est encore loin d’être
générale. Toutefois les symptômes accompagnant le tournant
critique apparaissent ici aussi. En somme, ces statistiques concernant
 le trafic permettent également de constater qu’au cours de
l’année 1933 la plupart des facteurs de crise étaient loin d’exercer
sur la vie économique une influence aussi néfaste qu’au cours
de la période allant de 1930 à 1932 ou bien encore qu’au cours
de l’année 1932.

La Bourse et la dépression

Si la vie économique se relève si lentement et si difficilement
de sa paralysie, la raison en est, dans une importante mesure,
que la crise de confiance persiste encore. Il faut attribuer à cela
non seulement la durée si longue de la crise actuelle, mais aussi
le fait que certaines forces n’arrivent toujours pas à s’affirmer.
Cela peut être constaté principalement dans les domaines en
rapports plus étroits avec les marchés financiers. La Bourse aux
Valeurs de Budapest, fermée pendant plus d’une année après la
clôture bancaire, ne s’est toujours pas remise depuis sa réouverture.
 Certes, le mouvement des affaires a pris de l’extension et
le nombre de dix-huit actions cotées pendant un certain temps
après la réouverture de la Bourse s’est notablement accru. Toutefois,
la période de baisse qui a commencé en 1927 n’a pas encore pris
fin en 1933, bien que l’amélioration survenue aux mois de juillet
et août ait produit une hausse assez considérable des cours.
Pour avoir une idée nette de la baisse qui a ravagé le marché
des titres en Hongrie, il convient d’examiner, sur plusieurs années,
        <pb n="24" />
        25

le développement de l’indice des actions faisant ressortir le niveau
moyen des cours. À la fin de 1927, année de la prosperité boursière,
 l’indice calculé en prenant pour base (100) le niveau de
1926, fut de 179,6; en 1928 ce même indice fut de 165,9, un an
plus tard de 130,9 et, en 1930, il se tenait à 106,4. Donc, jusqu’à
cette époque, le niveau moyen des cours des actions avait subi
un recul de 47,4%. Au moment de la clôture de l’année suivant
la réouverture de la Bourse, l’indice se chiffrait par 82,8, tandis
qu’à la fin de 1933 il tomba au point le plus bas enregistré jusqu'alors
avec 70,3. Le fléchissement des cours persistant depuis six ans
ressort nettement du recul de 60,9%. qu’accuse l’indice du cours
des actions. En 1933, par contre, le rythme du fléchissement de
l’indice des actions se ralentit et n’atteignit que 11,5% ; peutêtre
 ce fait marque-t-il également une certaine avance vers le
point où l’on pourra compter sur la stabilisation des cours.
L’examen des statistiques concernant la sécurité du crédit
fait apparaître des résultats satisfaisants. La statistique des insolvabilités
 montre un développement favorable par rapport à l’année
dernière. Le point le plus bas a été enregistré au cours des mois
d’août et de septembre. Pendant toute l’année, le nombre des
cas d’insolvabilité a été de 550 contre 1.350 pour l’année précédente.
 Du reste, au point de vue de la sécurité du crédit, l’année
1931 a été la plus grave : on a relevé en effet 3.154 cas d’insolvabilité.
 Depuis cette époque, l’amélioration constante a prévalu. Pour
ce qui est des passifs non réglés, ils accusent une amélioration
de 79,7%, par rapport à l’année 1931.

Pour nous résumer, nous dirons que les statistiques économiques
 de Hongrie accusent, au cours de l’année 1933, et par rapport
à l’année précédente, une évolution assez rassurante pour le présent
et justifient aussi des espoirs pour ce qui est de l’avenir. Le tableau
résultant de l’examen attentif des statistiques témoigne que les
obstacles semant encore à l’heure actuelle les chemins conduisant
hors de la crise, disparaîtront peu à peu, car les facteurs qui
entravent et retardent le dénouement perdent d’ores et déjà de
leur puissance. Pour cette raison, même si les signes catégoriques
de la prospérité ne sont pas encore très perceptibles, l'espoir,
la confiance même sont aujourd’hui beaucoup plus justifiés, car
ils s'appuient sur des bases objectives beaucoup plus sérieuses
que ce n’était le cas un an auparavant.
        <pb n="25" />
        1934

La vie économique hongroise
après le tournant de la crise

Au cours de l’année 1934, l’économie mondiale n’a pas
évolué d’une manière uniforme. Au point de vue du développement
de leur situation économique,. les différents pays montrent des
divergences très sensibles. C’est là un phénomène très naturel,
puisque les vagues de la crise qui débuta en 1929 les atteignirent
à des époques différentes, avec plus ou moins de retard. Mais,
abstraction faite de cette circonstance, l’évolution de la crise a
demandé plus ou moins de temps, de sorte que l’apparition du
tournant dans ladite crise accuse, au point de vue temporel,
de forts écarts. Par ailleurs, pour ce qui est du développement
des conjonctures, on relève des divergences remarquables dans
les divers pays. En effet, tandis que dans certains Etats la reprise
a fait de grands progrès, il y en a d’autres au contraire où le fléchissement
 continue ; et il est aussi des pays qui se trouvent à différents
degrés de la dépression. Pour ne citer à ce propos qu’un exemple
peu éloigné de nous, nous mentionnerons que la vie économique
roumaine accusa, même au cours de 1934, une tendance fléchissante,
et que l’on assista alors à une aggravation de la crise dans ce pays,
alors qu’en Hongrie, au contraire, dès la fin de l’année 1933, une
certaine atténuation se fit sentir et que dans quelques branches
de la vie économique on releva des symptômes d’amélioration.
L'atténuation générale de la crise économique universelles
c’est-à-dire le début de temps meilleurs, peut, pour la plupart
des pays, être enregistrée à l’actif de l’année 1934. Chose naturelle,
par suite des différences dans la structure de la vie économique
des divers Etats, certaines différences se présentent aussi en ce
qui concerne l’amélioration survenue.
        <pb n="26" />
        37

Quant au développement de la situation générale de l’économie
 universelle au cours de 1934, il convient de faire remarquer
que la tension régnant dans la politique internationale a fortement
entravé l’amélioration qui se fit jour, à tel point que le progrès
s’arrêta dans la seconde moitié de l’année pour faire place à une
stagnation nettement caractérisée. Toutefois, l’incertitude de la
situation internationale ne fut pas la seule raison pour laquelle
le progrès plus important escompté pour 1934 n’a pas eu lieu.
Outre les instabilités d’ordre politique, d’autres obstacles y
contribuèrent également. Ainsi, la reprise a été des plus défavorablement
 influencée par l’extension importante de l’économie
autarchique ainsi que par les difficultés d’ordre monétaire. Donc,
outre les facteurs politiques, des facteurs économiques sont également
 responsables de ce que les résultats que l’on était fondé à
attendre après une longue période de crise, ne purent être atteints.
Toutefois, dans les Etats touchés par la dépression, la situation
 économique s’est essentiellement améliorée, en dépit des
facteurs défavorables dont nous venons de parler. Par ailleurs,
dans les pays ayant beaucoup souffert de la crise agraire, le processus
 de l’amélioration a commencé et l’on peut dire qu’au cours de
1934 la crise agraire, dont les proportions furent si formidables,
a, d’ores et déjà, pris fin. Les mauvaises récoltes donnèrent une
vigoureuse impulsion aux prix et le résultat fut une tendance
à la hausse. En outre, comme on ne devait plus s’attendre à une
nouvelle aggravation de la crise agraire, une atmosphère plus
optimiste se fit jour dans les autres branches de la production.
Les hausses assez considérables survenues dans les prix des produits
agricoles exercèrent une influence stimulatrice dans tous les sens.
Pour ce qui est des conjonctures, l’on peut dire que, dans la
plupart des pays, la production industrielle, qui sortit de la dépression
 beaucoup plus tôt que l’agriculture, suivit, au cours de l’année
1934, le chemin d’une amélioration sûre, et si le rythme du progrès
s’est ralenti, — pour les raisons ci-dessus mentionnées, — dans
le quatrième trimestre de l’année, la tendance s’est cependant
maintenue.
D’une manière générale, l’année 1934 peut être nommée
l’année du tournant de la crise. Ce fut aussi le cas pour la Hongrie.
La crise agricole qui, en 1933, pesait si lourdement sur la
vie économique hongroise, perdit graduellement de sa force au
cours de 1934. Dès le début de l’année on assista à une lente
amélioration du prix des produits agricoles qui devait se poursuivre
 pendant toute l’année. Sous l’influence de la mauvaise
récolte, la hausse des prix s’accentua encore. L'amélioration des
prix amena enfin, également pour l’agriculture, le changement
        <pb n="27" />
        19

de climat si longtemps attendu. Etant donné la légère hausse des
articles industriels, les ,,ciseaux agraires‘“ exprimant le pouvoir
d’achat de l’agriculture accusèrent, une situation plus favorable
et les deux branches des ciseaux se rapprochèrent sensiblement,
— ce dont nous allons d’ailleurs parler plus bas. Grâce à l’atténuation
 de la crise agricole, la vie économique hongroise fut soulagée
de la pression exercée par le facteur le plus grave de la crise.
Mais dans d’autres domaines également, l’année 1934
apporta une détente. La période de baisse en Bourse prit également
fin, après avoir duré sept ans, pour être suivie d’une amélioration
assez notable des cours. Toutefois, la crise n’arriva à son terme
que dans le dernier trimestre de l’année et la hausse ne commença
qu’au mois de novembre ; mais les évenements survenus en
Bourse pendant la période écoulée depuis cette époque sont là
pour prouver que cette reprise des cours sera plus durable que
ne le furent celles qui, dans les sept dernières années, interrompirent
de temps à autre le processus de la baisse continuelle. Par suite
du changement survenu dans la situation de la Bourse aux Valeurs,
la vie économique se dégagea des entraves d’un autre facteur
déterminant l’aggravation de la crise. Dès lors, la vie économique
hongroise a passé le tournant de la crise sous presque tous les
rapports.

Atténuation de la erise agricole

L'aperçu que nous avions donné en son temps de la situation
économique de l’année 1933 était déjà empreint d’optimisme.
Cet optimisme s’est avéré fondé. Au cours de 1934, l’amélioration
enregistrée plus tôt déjà dans la vie économique de la Hongrie
s’étendit dans plusieurs sens et gagna certains domaines de la vie
économique où la crise avait jusque là persisté avec obstination.
Cela s’applique surtout à l’agriculture au sujet de laquelle, dans
notre compte rendu de l’année dernière, nous ne pouvions relever
que la gravité de la crise et même un nouveau recul.
L'année 1934 amena un changement très sensible dans la
situation de l’agriculture. Les hausses de prix moins importantes
ayant marqué le début de l’année, alimentées plus ou moins par
les conjonctures, s’affermirent bientôt et du coup déterminèrent
une ambiance plus favorable. Grâce aux négociations entamées
avec les pays étrangers, dès les mois du printemps, et qui progressèrent
 sur une bonne voie, —elles visaient à assurer de meilleures
possibilités d'exportation aux produits agricoles hongrois, — le
prix du froment connut en premier lieu un essor assez considérable.
Par la suite, les accords conclus avec l’Italie et l’Autriche eurent
        <pb n="28" />
        25

un profond effet sur le développement des prix, car ils assuraient
la possibilité d’écouler plus de quatre millions de quintaux de
froment. Quelques mois après, lorsque la faiblesse du rendement
de la récolte devint évidente, le développement des prix à l’intérieur
du pays reçut un ferme appui et leur mouvement à l’intérieur se
détacha de l’évolution des cours à l’étranger. Par suite de l’amélioration
 des prix, le maintien du système des bulletins de céréales
devint superflu.
Examinons maintenant quelques données statistiques officielles
 concernant le rendement de la récolte. La récolte de froment,
 16,7 millions de quintaux, fut inférieure de 9,5 millions
de quintaux à celle de l’année précédente. La récolte de seigle,
15,1 millions de quintaux, accuse un recul de 4,2 millions de quintaux
 par rapport à l’année 1933, tandis que la production d'orge,
4,5 millions de quintaux, reste de 3 millions de quintaux en arrière
sur la récolte de 1933. Du reste, la récolte des trois principaux
produits de l’agriculture fut la plus faible qu’on ait enregistrée
au cours des dix dernières années. Les chiffres ci-dessus indiqués
sont respectivement inférieurs de 4,4, de 2,3 et de 1,6 millions
de quintaux à la moyenne des dix dernières années. Mais la récolte
d’avoine fut également très faible. Quant à la récolte de maïs,
elle fut légèrement au dessus de la moyenne, tandis qu’en pommes
de terre, le rendement, en 1934, fut le meilleur enregistré pendant
la période 1925—1934.
On ne doit donc pas s’étonner que les résultats extrêmement
défavorables de la récolte, — et en premier lieu, bien entendu,
le déficit de la récolte de froment, — aient exercé une influence
très sensible sur la tendance des prix. Le processus d’amélioration
 qui s’était accusé dans le domaine des prix des produits
agricoles s’est poursuivi au cours de toute l’année, abstraction
faite de quelques rechutes sans importance. L'indice des produits
agricoles servant à observer le niveau des prix pratiqués dans
le commerce de gros fit un bond de 17 points et s’éleva à 72 et
atteignit à la fin de l’année son maximum. Le niveau des prix
s’éleva, pendant un an, de 30% en chiffres ronds. Cependant,
le cours des produits industriels accusa une hausse beaucoup
moins importante, de sorte que les ,,ciseaux agraires‘“ exprimant
le pouvoir d’achat de l’agriculture et: qui enregistrèrent, à la fin
de septembre 1933, leur écart le plus graad (la disparité était
alors de 50%), se sont resserrés dans une notable mesure. Fin
décembre, les deux branches des ciseaux présentaient un écart
de 33,9% au détriment des produits agricoles.
Au cours d’une année, le prix du seigle a augmenté de
238,4%, celui du froment de 139,9%. Pour ce qui est de l'orge,
        <pb n="29" />
        "0

l’amélioration du prix est de 100%, en chiffres ronds, tandis que
le prix de l’avoine a enregistré une hausse de 79,7%. Par ailleurs,
le prix du maïs a enregistré également une amélioration sensible :
52,6%
Toutefois, le fait que le niveau des prix intérieurs s’est
détaché de la tendance à l’étranger, rendit plus difficile l’écoulement
 des produits agricoles sur les marchés extérieurs, la capacité
 de concurrence de nombreux articles se trouvant de ce fait
diminuée. Le relèvement des prix, qui naturellement s’étendit
aussi aux fourrages, diminua la rentabilité de l’élevage des bestiaux,
 l’exportation devint plus difficile et on assista à une diminution
 sensible de celle-ci. Dans presque chaque mois, au cours
du second semestre de l’année, le prix des bêtes à cornes, veaux
et porcs fut inférieur aux cours de l’année précédente. En ce qui
concerne le prix des veaux, l’indice calculé en prenant comme
base les cours de 1913, était cette année inférieur de 14 points
en juillet et de 11 points en août aux chiffres de l’année précédente.


Fin de la cerise en Bourse
La crise de la Bourse pesait pendant de longues annés sur
la vie économique de la Hongrie. Sa durée dépassa même celle
de la crise agricole, puisqu’elle commença en 1927, et l’on croyait
même qu’elle persisterait aussi après 1934. Cette baisse boursière
est sans exemple dans la vie économique hongroise. Les cours
de la Bourse aux valeurs atteignirent leur point le plus élevé en
avril 1927, — après un mouvement à la hausse au rythme rapide
qui durait depuis un an, presque sans arrêt ; ce point culminant a
été marqué par la position de l’indice des actions, se chiffrant
alors par 188,6. Le processus de baisse qui débuta alors dura plus
de sept ans et, pendant cette période, les cours fléchirent à une
allure assez rapide ; puis vint le lent effritement des cours, à peine
interrompu par des reprises passagères. Toutefois, l’arrêt survint
pendant la seconde moitié de l’année 1934. L'indice du cours des
actions enregistra, fin août, son chiffre le plus bas, soit 66,3.
Pour indiquer la gravité du mouvement de baisse, il suffit de
rappeler que l'indice des actions tomba de 122,3 points. Par rapport
au point culminant, le fléchissement atteint presque 65%. La
gravité de la crise ressort également du fait qu’alors qu’en 1927 le
nombre des titres ayant changé de mains était de 26,8 millions,
en 1933 le nombre des titres négociés ne fut que de 764.000 et, en
1935, où le dernier trimestre accuse déjà une amélioration, de
940.000.
        <pb n="30" />
        31

La reprise des affaires de Bourse survenue en 1934 ressort de
l’amélioration qui, — un léger recul mis à part, — dure depuis le
mois-d’août. Sous l’influence de la tendance à la hausse, au cours
de quatre mois, l’indice des actions accusa un relèvement de 11,8
points. Donc, à la fin de l’année, le niveau des cours était de 17,8
supérieur au point le plus bas, enregistré en août. Pour caractériser
la période de baisse qui vient de s’écouler, il convient de rappeler
que le chiffre total des transactions en Bourse, respectivement la
somme totale des titres livrés et reçus, qui atteignait 1065 millions
de pengôs, a considérablement diminué ; toutefois, dans les années
de la crise, — abstraction faite de l’année 1932, au cours de laquelle
la Bourse fut fermée pendant huit mois, — c’est en 1934 que le
montant en question fut le plus faible : 33,7 millions de pengôs.
Par suite de la tendance fléchissante qui prévalut dans la première
moitié de 1934, cette somme est inférieure de 5,6 millions même
à celle de 1933.
L’amélioration survenue à la Bourse dès le mois d’août dernier,
bien qu’étant fort en retard sur la reprise enregistrée aux Bourses
étrangères, accuse des proportions importantes dépassant de loin
le cadre d’une reprise passagère, de sorte que, pour ce qui est de
l’avenir, il nous est permis de tracer, pour la Bourse également,
un tableau plus favorable que ne l’était celui de l’année dernière.
Etant donné toutefois que la crise monétaire persiste encore,
l’influence stimulatricé que les Bourses étrangères exercent sur la
vie de la Bourse en Hongrie est forcément moins importante et
l’amélioration survenue ne saurait être que lente et graduelle.

Amélioration des conditions
du marché du travail

Le chômage atteignit en Hongrie son point culminant au
mois de janvier 1932, avec 33.893 chômeurs syndiqués ; à la fin
de la même année, le nombre des chômeurs n’était plus que
de 32,073. Depuis cette époque le chômage fléchit sans cesse
et le rythme du fléchissement va s’accentuant. La diminution du
chômage fut de 15,7% en 1933, et à nouveau de 18,5% en 1934.
A la fin de l’année 1934, les syndicats n’ont plus enregistré que
22.031 chômeurs. Par rapport au maximum, le nombre des chômeurs
 a donc diminué de 11.862, ce qui correspond à près de 35%.
Par la nature des choses, ce processus est en connexion étroite avec
la situation économique générale. Mais si l’on examine les statistiques
 du chômage, à la fin de l’année, classées par catégories
professionnelles, on constatera que l’amélioration ne fut pas la
        <pb n="31" />
        12

même dans les diverses branches de production. En conséquence,
le degré d’occupation des ouvriers était différent dans les diverses
industries. En effet, alors que le nombre des chômeurs accusait,
par rapport à l’état de la fin de l’année précédente, une régression
de 8,1% dans l’industrie du bâtiment, de 13,3% dans l’industrie
typographique, de 19,9% dans l’industrie sidérurgique et de
43,3% dans l’industrie du bois, par contre un léger accroissement
ressortait dans l’industrie du vêtement et dans celle de l’alimentation,
 Par conséquent, alors que dans certaines industries l’occupation
augmentait progressivement depuis 1932, dans certaines autres
par contre une sorte de stagnation a pu être observée, surtout en
1934. Ce fait semble également confirmer ce que nous avons
indiqué plus haut, à savoir que dans la seconde moitié de l’année
dernière, certaines difficultés ont surgi en ce qui concerne le développement
 des conjonctures industrielles, par suite de quoi un recul
est apparu dans certaines industries et une certaine stagnation
dans d’autres.
Les chiffres se rapportant à la période écoulée depuis le
maximum de la tension du marché du travail montrent clairement
 qu’on se trouve en présence ici d’un changement catégorique
 de tendance, ce que nous avons souligné d’ailleurs dans notre
compte rendu de l’année dernière.

Acecroissement des échanges
avec l'étranger
Par suite du renforcement et de l’extension du système
autarchique, les difficultés entravant les échanges internationaux
se sont aggravées encore au cours de 1934. En raison de la forte
passivité de sa balance commerciale, la France se vit obligée, au
cours de l’année dernière, d’édicter d’importantes restrictions et
entraves aux importations. Les exportations hongroises se sont
également ressenties de ces mesures. Ainsi la conquête des marchés
extérieurs ‘a exigé, pendant l’année dernière, des efforts encore
plus soutenus qu'auparavant. L'absence de traités de commerce
de longue durée commande l’observation plus attentive des marchés
internationaux et d’une manière générale exige de la vie économique
 une souplesse plus grande. Même en tenant compte de ces faits,
on peut constater que la participation de la Hongrie aux échanges
internationaux a réalisé, au cours de l’année dernière, un progrès
remarquable. Ainsi, les produits de l’agriculture et de l’industrie
hongroises sont allés même dans des pays où auparavant l’exportation
 ne pouvait se faire qu’au prix de grandes difficultés, ou
était même entièrement impossible. Toutefois, ce fait s'explique,
        <pb n="32" />
        33

pour une grande partie, par l’utilisation des créances étrangères
gelées, puisque c’est grâce à cette question que surgit l’idée de
pénétrer sur des marchés qui tout en étant nécessaires au placement
 des produits agricoles, semblaient jusqu’alors inaccessibles.
Quoique les échanges extérieurs de la Hongrie portent
toujours l’empreinte de l’économie autarchique, il est indiscutable
qu’au cours de l’année dernière, le commerce hongrois a pu se
faire, sur les marchés extérieurs, une situation plus avantageuse
que précédemment. Une amélioration nette ressort de l’accroissement
 des chiffres concernant le volume et surtout la valeur de
l'exportation et de l'importation. Il faut toutefois noter à ce
propos que l'amélioration des prix y a joué également un rôle
important. En tout cas, les résultats atteints prouvent que l’économie
hongroise a observé attentivement les exigences des débouchés
extérieurs et que la production tant industrielle qu’agricole de
la Hongrie a prouvé ses grandes facultés d’adaptation.
Les échanges extérieurs de ce pays ont atteint, en 1934,
un montant de 344,7 millions de pengôs pour l’importation, soit
32,1 millions de plus que l’année précédente, tandis que la valeur
des exportations, 403,5 millions, est de 14 millions supérieure
aux chiffres de l’année précédente. Toutefois, l’écart est encore
trop grand entre ces chiffres et ceux de 1929, année où la Hongrie
avait importé des marchandises pour 1064 millions de pengôs et
exporté pour 1039 millions. Malgré tout, le rendement de la vie
économique ne saurait être sous-estimé, puisque la Hongrie est
un des rares pays pouvant, malgré les difficultés entravant l’exportation,
 enregistrer un solde actif, quoique sa vie économique,
sur la voie de la reprise, ait eu besoin d’importer des matières
premières dans une forte mesure. Or, malgré l’accroissement des
importations, le commerce extérieur hongrois s’est soldé par un
actif de 60,6 millions de pengôs, somme qui n’est que de 18,1
millions inférieure au bilan actif de l’année précédente. Cette
situation de la balance du commerce extérieur montre que la
Hongrie a réussi à satisfaire, dans une certaine mesure, à ses obligations
 émanant de ses anciennes dettes marchandises.
En ce qui concerne les produits agricoles hongrois, c’est
surtout vers l'Allemagne que leur exportation a pris un essor
considérable, tandis que les exportations de l’industrie ont accusé
un accroissement surtout dans la direction de la Roumanie. Un
examen plus attentif des exportations en 1934 permet de constater
qu’en ce qui concerne les articles d’alimentation et les comestibles,
la Hongrie a exporté pour 186,8 millions de pengôs, soit 23,8
millions de plus qu’au cours de l’année précédente. Par contre,
les exportations d’animaux sur pied accusent un recul de 14,8
        <pb n="33" />
        A

millions de pengôs et dépassent à peine 43 millions. Par ailleurs,
une diminution de 19,2 millions s’est produite dans le domaine
des matières auxiliaires nécessaires à l’agriculture et à l’industrie.
En revanche, l’exportation des produits industriels accuse un
accroissement de 24,4 millions et fait plus de 150 millions de pengôs.
Au point de vue du bilan des conjonctures économiques, l’accroissement
 de l’importation peut être considéré comme un phénomène
heureux, car ce sont surtout les importations de matières premières
qui ont augmenté, de même que celles de produits demi-finis,
dont le finissage comporte l’occupation plus intensive de l’industrie.
L’importation de bois brut et ouvré est passée de 5,7 millions
de quintaux qu’elle. faisait l’année précédente à 8,2 millions de
quintaux, et en valeur elle a augmenté de 11,3 millions de pengôs
à 38,2 millions. La quantité du coton brut importé accuse un
accroissement de 13,5%. La valeur des importations de cuirs et
peaux bruts accuse un accroissement de 6,3 millions de pengôs,
celle des métaux bruts de 3,5 millions.
Les exportations de froment restèrent, quant à la quantité,
au même niveau que l’année précédente, mais en valeur elles
accusèrent un accroissement de 13 millions de pengôs dû à l’amélioration
 des prix. Les exportations de volaille dépassèrent notablement
 le niveau de l’année précédente. Quant aux exportations
d’oeufs, le recul quantitatif a été largement compensé par la
différence résultant de la hausse des prix. Les exportations de
plumes ont donné à elles seules une plus-value de six millions.
Quant aux exportations de saindoux et de lard, elles ont plus
que doublé tant en quantité qu’en valeur.

Développement de la production industrielle

Le fléchissement de la production industrielle hongroise
s’est arrêté à la fin de l’année 1932 ; l’année 1933 apporta une
atmosphère plus favorable dans l’activité économique et l’année
1934 s’est écoulée également sous le signe d’une amélioration
très nette. Toutefois, étant donné la gravité de la crise économique
qui a sensiblement absorbé toutes les réserves, l’amélioration ne
pouvait progresser que lentement et graduellement. La tendance
favorable s’est poursuivie aussi en 1934 et c’est surtout dans
l’industrie lourde que la production s’est accrue et que le dégré
d’occupation a augmenté. Bien que dans le second semestre de
l’année, par suite de préoccupations d’ordre international, des
difficultés soient venues entraver la production, les résultats de
l’année 1934 en doivent pas être jugés avec pessimisme ; en effet,
dans la première moitié de l’année, la tendance fut nettement
        <pb n="34" />
        55

ascendante, et par ailleurs le recul survenu dans le second semestre
ne fut pas très important et n’entrava pas trop longtemps le
développement de la production.
La production charbonnière accusa un léger accroissement
par rapport à l’année précédente (+4,9%). La quantité de charbon
utilisée par l’industrie a dépassé, dans presque chaque mois,
celle du mois correspondant de l’année précédente et ce n’est
qu’au cours des derniers mois de l’année qu’un léger recul dut
être enregistré. La production du fer, matière première de l’industrie
lourde, s’est également accrue. La production de minerai de fer
a augmenté de 227.000 quintaux (+45,2%) et celle de fer brut
de 546.000 quintaux (58,2%). En 1934, la production mensuelle
moyenne fut déjà de 57.000 quintaux, contre 42.000 pour l’année
précédente. Mais en 1929, année ayant marqué le point culminant
des conjonctures industrielles, la production moyenne dépassa
215.000 quintaux. La situation est quelque peu plus favorable
en ce qui concerne la moyenne de la production du fer brut destiné
à l’affinage ; elle a dépassé, dès 1934, 123.000 quintaux, mais
par rapport à la production de 1929, soit 300.000 quintaux, le
recul reste encore assez sensible. Il est toutefois hors de doute
que l’amélioration s’accuse nettement, même si le rythme en est
assez lent.

La tendance ascendante de la production est prouvée par
ailleurs par l’accroissement de la quantité de courant électrique
distribuée aux industries de Budapest ; en effet, celle-ci s’est
accrue au cours de l’année dernière de 25 millions de kilowattsheure,
 soit de plus de 27%, Par ailleurs il convient de mentionner
l’importation des matières premières destinées à l’industrie ; nous
avons déjà communiqué quelques chiffres à ce sujet, de même
que nous avons déjà fait mention des différences observées selon
ies diverses industries.

{1 est incontestable qu’au cours de la seconde moitié de
l’année, plusieurs circonstances défavorables vinrent entraver fortement
 le développement de la production. En effet, dans le
premier trimestre de l’année dernière le progrès se ralentit, mais
le recul ainsi survenu n’était pas de nature à autoriser, dans
un sens défavorable, des conclusions de grande portée pour l’avenir.
Comme motif de la stagnation survenue dans l’évolution des
conjonctures, on peut indiquer la réduction du pouvoir d’achat
et la restriction de la capacité d’absorption des marchés. Quant
aux changements observés’ dans l’activité commerciale, ils s’expliquent
 par le fait que des conditions plus libérales furent pratiquées
dans le domaine de la vente de marchandises à crédit. C’est à ce
        <pb n="35" />
        36

fait d’ailleurs qu’il y a lieu d’attribuer l’accroissement important
du nombre des insolvabilités survenu dans le second semestre
de l’année. Pour les raisons mentionnées tout à l’heure, la plupart
de ces cas d’insolvabilité se sont produits dans le commerce. Par
suite des difficultés survenues, au cours de l’année dernière, 623
cas d’insolvabilité ont été enregistrés contre 550 pour l’année
précédente (+-13,3%). La majeure partie des cas d’insolvabilité
revient au commerce, tandis que la part de l’industrie fut moins
grande que l’année précédente. Le recul de la production industrielle
peut être attribué, en dernière analyse, au tournant défavorable
survenu dans la situation de l’économie mondiale. Toutefois, vu
que l’occupation des principales industries n’a pas enregistré, en
Hongrie, de régression importante,-on ne doit pas tirer des conclusions
 défavorables, au point du vue de la situation générale de
l’industrie, du fléchissement accusé par une ou deux branches
et dont la mesure ne saurait d’ailleurs être calculée d’après les
renseignements que l’on possède à l’heure actuelle.

Développement des échanges à l’intérieur

Le fléchissement accusé par les chiffres des transactions au
cours des derniers mois de 1934 et qui dépasse même les cadres
saisonniers, s’explique par le léger recul survenu dans l’évolution
des conjonctures. Certes, ces chiffres montrent peu de sensibilité
à l’égard de celles-ci, que ces dernières se développent : dans
un sens ou dans l’autre ; ils sont plutôt influencés par les phénomènes
 saisonniers, ce qui résulte du caractère agricole de la Hongrie.
Or; ils marquent, malgré tout, une lente amélioration des conjonctures.
 Depuis le mois de février 1933, qui fut le point le plus
bas, un changement nettement favorable s’est manifesté. C’est
grâce à cela que le trafic présente, pour l’année 1934, un accroissement
 correspondant à cette heureuse évolution. La quantité de
marchandises transportées par chemin de fer est en augmentation
de 725.000 tonnes par rapport à l’année précédente (++35,4%).
Par ailleurs, la tendance du trafic des voyageurs a également
changé et l’accroissement, au cours de 1934, a fait près de 8%-Ces
 chiffres montrent également que l’amélioration survenue sera
dès maintenant durable, étant donné que le pourcentage d’accroissement
 répond entièrement aux attentes. À la fin de l’année 1933,
un progrès tout à fait infime a pu être enregistré, il était de l’ordre
de 10.000 tonnes, ce qui ne pouvait même être exprimé en pourcentage.
 Pendant les deux ans qui se sont écoulés depuis le moment
où la situation fut la plus mauvaise, une reprise absolument sérieuse
et notable s’est produite.
        <pb n="36" />
        37

Notre examen fait clairement ressortir qu’à la suite de la
crise économique universelle, la période des conjonctures défavorables
 a pris fin aussi en Hongrie. On pourrait encore énumérer
de nombreuses données statistiques économiques pour prouver
que la Hongrie a passé par les tournants de la crise. Il est hors
de doute que grâce à la disparition tant de la crise agricole que
de la crise boursière, la vie économique hongroise s’est dégagée
de l’influence de deux facteurs qui contribuaient fortement à
l’aggravation. Alors qu’il y a un an, nous ne pouvions faire entrevoir
qu’une ,,confiance légitime‘, il nous est permis dès maintenant
d’aligner des documents numériques prouvant le changement de
tendance qui s’est produit.
        <pb n="37" />
        1935

La vie économique hongroise
sur la voie de la reprise

Dans nos commentaires sur l’année 1934, nous basant sur
la documentation statistique disponible, nous avons constaté que
la vie économique hongroise a dépassé la période de crise grave
qui débuta en 1929. Par suite de l’amélioration des prix qui débuta
au commencement de l’année 1934 pour prendre, dans la suite,
des proportions plus importantes, la crise agricole s’est atténuée
et d’autre part, pendant la seconde moitié de l’année, la crise
boursière qui durait depuis longtemps, a touché elle-même à sa
fin. Quant aux derniers mois de la même année, ils ont déjà permis
de discerner avec netteté les signes d’une reprise initiale. L'évolution
 ultérieure a apporté la justification de nos constatations ;
en effet, au cours de l’année 1935, l’amélioration des conjonctures
 s’est poursuivie dans le monde entier et une tendance plus
favorable s’est fait jour dans la vie économique hongroise.
Toutefois, l’amélioration survenue dans la situation de
l’économie universelle a pris une ampleur notablement plus modeste
que celle qu’on espérait et ce, en raison de la prolongation de la
tension sévissant dans le domaine de la politique extérieure. La
courbe de l’ascension a été interrompue temporairement par des
rechutes plus ou moins importantes, ce qui prouve que la guérison
des plaies profondes causées par la crise nécessitera un travail
laborieux de plusieurs années. Dans plus d’un pays, en effet,
nombre de circonstances retardent, encore à l’heure actuelle, le
progrès du processus de redressement. En fait, les mesures visant
à atténuer et à éliminer la crise, mesures grâce auxquelles certains
pays ont réussi à doubler le cap du point le plus bas de la crise
économique, s’avèrent bien souvent, dans la période nouvelle,
        <pb n="38" />
        39

autant d’entraves faisant échec au jeu de l’automatisme économique.
 Par la nature des choses, le progrès vers une situation plus
aisée ne saurait suivre qu’une marche assez lente, de sorte qu’il
ne serait guère possible de compter sur l’accélération de la cadence
du redressement, surtout pour ce qui est des unités économiques
peu importantes, tant que ces diverses mesures de détresse resteront
en vigueur. Or, à certains points de vue, on pourrait peut-être
considérer ce fait comme avantageux, étant donné que tout au
moins il ne faut pas craindre, dans ces circonstances, de voir
survenir l’état de tension fatalement amené par des améliorations
trop précipitées ; ainsi l’évolution des conjonctures suivra une
marche plus tranquille.
Au cours de l’année écoulée, la situation économique universelle
 s’est ressentie, entre autres, de l’effet stimulateur de l’accroissement
 général des armements. Les effets de ce processus se sont
fait sentir, naturellement, en premier lieu dans l’augmentation
de la production industrielle et notamment de l’activité de l’industrie
 lourde. Dans ces circonstances, vers la fin de l’année, la
tendance à la reprise s’est consolidée plus facilement et dans
plusieurs pays la période du redressement a pu commencer. Toutefois,
 pour ce qui est des proportions et de la durée probables de
la nouvelle conjoncture économique, il serait encore prématuré
de se livrer à des supputations.
Au cours l’année 1935, la vie économique hongroise a fait
également d’importants progrès vers le redressement. Il convient
de faire remarquer toutefois qu’en Hongrie, le développement
n’a été ni général, ni uniforme. Par suite de rechutes temporaires
survenues dans les divers pays étrangers, la vie économique
hongroise a connu également des reculs, mais ceux-ci étaient sans
importance et n’ont pas pu arrêter l’amélioration qui prit, dès le
second semestre, des proportions de plus en plus considérables et
alla s’amplifiant. Dans ces conditions, vers la fin de l’année, la
conjoncture était, en Hongrie aussi, sur le point de s'engager dans
la voie de l’ascension. Toutefois, il semble qu’il faille compter
encore pendant un bon moment sur les inconvénients résultant
d’une part des mesures de nécessité prises en vue d’enrayer la crise
monétaire et, d’autre part, du repliement sur soi en matière économique.
 Ces difficultés font sentir leurs effets surtout dans le
domaine de l’achat des matières premières nécessitées par la
production industrielle et exercent par là une influence paralysante
sur le développement des conjonctures industrielles.
Pour plusieurs raisons, l'amélioration des conjonctures est
restée, dans une assez grande mesure, en arrière sur certains Etats
        <pb n="39" />
        occidentaux, et en particulier sur les pays où l’on a réussi à raccourcir
 la période de dépression au moyen de la dévaluation monétaire,
ce qui a permis à ces pays de passer plus tôt le point le plus bas
de la crise. Néanmoins, la tendance ascendante commencé à
s'affirmer avec force dans tous les domaines de la vie économique
hongroise. Au cours de l’année écoulée, le développement du
niveau des prix de gros a été satisfaisant, la cadence de l’amélioration
 a peut-être même été trop rapide par rapport aux autres
pays européens. Par suite du raffermissement du niveau des
prix de gros, où les produits agricoles ont joué un rôle décisif,
les recettes de l’agriculture se sont accrues, de sorte que le pouvoir
d’achat des agriculteurs a augmenté et par ailleurs la charge
relative des dettes agricoles a diminué. Grâce à l’accroissement
de la production industrielle, non seulement le marché de la maind’oeuvre
 a vu disparaître toute tension, mais le pouvoir d'achat
des classes ouvrières s’est également amélioré, ce qui exerce une
influence stimulatrice sur la consommation et le commerce intérieurs.
 En conséquence, conformément à la phase des conjonctures,
 les prix du commerce de détail, c’est-à-dire les prix pour le
consommateur, ont pris également le chemin de la hausse. En ce
qui concerne le placement des excédents de récolte à l’étranger,
on a mieux réussi que l’année précédente, et par ailleurs, vu les
besoins de la production nationale en matières premières, les
importations hongroises accusent un accroissement pour l’année
1935. Après une longue période de baisse qui dura plus de 7 ans,
la bourse des effets connut enfin une reprise. Dès maintenant les
cours en hausse des actions reflètent aussi le changement de tendance
 survenu dans la situation économique.

Elévation du niveau des prix de gros
Pendant la durée de la crise, les prix de gros avaient atteint
leur niveau le plus bâs à la fin de novembre 1933. A ce moment-là
l’indice des prix calculé en prenant comme base les cours d’avantguerre,
 ne se trouvait qu’à 70, ce qui représentait une baisse de
36 points par rapport au maximum de 1929. Les améliorations
de prix enregistrées en 1934 étaient déjà très remarquables, vu
que l'indice passa de 70 à 84. Au cours de l’année dernière, l’amélioration
 s’est poursuivie. Mais l’évolution des prix ne fut pas uniforme
et ce n’est que par suite du raffermissement survenu dans le second
semestre que l'indice enregistra, jusqu’à la fin de l’année, une
nouvelle hausse de 13 points. Depuis le moment où l’indice des
prix de gros est tombé à son point le plus bas, c’est à la fin de
décembre 1935 qu’il a enregistré son niveau maximum, avec
        <pb n="40" />
        t]

97 points. Jusqu'ici, la baisse qui s’est produite durant la crise
a été réparée presque jusqu’à concurrence de 50%.
Bien entendu, l’amélioration rapide du prix des produits
agricoles a contribué dans la mesure la plus forte à la hausse du
niveau moyen des prix. En effet, la hausse des prix survenue au
cours des années 1934 et 1935 a pris une allure fortement accélérée
si bien que, sauf pour l’Italie engagée dans un conflit armé, l’on
ne trouve pas d’exemple semblable en Europe. Le développement
des prix en cette partie du monde n’offre pas un tableau harmonieux,
 vu que les divers pays se trouvent dans diverses périodes
de conjonctures. Si l’on rapporte à la base commmune de 1929
les indices de prix des divers Etats européens, on constate avec
encore plus d’évidence combien rapide a été, relativement, l’amélioration
 des prix en Hongrie, ce qui n’a pas manqué d’exercer une
heureuse influence sur l’agriculture.!
Au cours des deux dernières années, la hausse des prix très
considérable enregistrée en Hongrie n’était vraiment pas entièrement
 justifiée par les améliorations survenues dans la situation
économique. Aussi doit-on chercher dans d’autres directions les
causes de cette hausse. Pour ce qui est de la hausse des prix en
1934, la très mauvaise récolte y a eu un grand rôle. Quant au développement
 favorable des prix en 1935, outre les motifs d’ordre
conjoncturel, les importants dégâts causés par la sécheresse, les
ravages du gel et en général les faibles résultats de la récolte
dus aux conditions météorologiques inclémentes y ont contribué.

Pour ce qui est des produits agricoles, la hausse du niveau
des prix a dépassé, au cours de l’année écoulée, 22% Certains
produits agricoles ont enregistré des hausses précipitées. Le prix
des pommes de terre s’est amélioré de 6 pengôs par quintal et s’est
élevé à 10,45 pengôs, ce qui correspond à une hausse de 135%.
Le seigle a enregistré une hausse de 31,2%, le maïs de 22,1 %:
l’avoine de 20,8%, l’orge de 10,0%. Quoique la hausse du prix
du froment ait été moins importante, elle dépasse néanmoins
10 °,.

Quant aux produits de l’industrie, la hausse de prix n’a pas
été importante. Dans le renchérissement des matières premières
étrangères nécessaires à la production, l'influence du renforcement
général des armements se fait sentir. C’est à ce fait que l’on peut
surtout attribuer le raffermissement du prix des matières premières
et des métaux.

! Voir: Bulletin Mensuel de Statistique. 1936. No 3. p. 122.
        <pb n="41" />
        Rendement de la produetion agricole
Quoique la récolte de 1935 n’ait pas été satisfaisante à plus
d’un point de vue, et que par suite du manque de fourrages le
rendement de l'élevage ait diminué, la situation et le rendement
 de l’agriculture font néanmoins ressortir une amélioration
sur 1934.
Le rendement de la récolte accuse un accroissement pour
certains produits principaux et pour d’autres une diminution.
Pour ce qui est du froment, on relève une augmentation de 2,5
millions de quintaux métriques et la récolte totale a dépassé
20 millions de quintaux. La récolte de seigle présente un surplus
de 0,4 million et s’est chiffrée par 6,8 millions de quintaux, tandis
que le récolte d’orge, en augmentation également de 0,4 million,
a atteint 5,8 millions de quintaux. La récolte d’avoine n’a donné
que 2,2 millions de quintaux et se trouve en régression de près
d’un demi-million de quintaux par rapport à l’année précédente.
Au cours des 6 dernières années, seule la récolte de 1931 a été
inférieure à celle de‘ 1935. Le maïs a enregistré un recul de 6,6
millions et n’a donné que 14, 4 millions, et les pommes de terre,
en diminution de 7 millions de quintaux, n’ont donné que 14, 3
millions, chose d’autant plus grave que pour ces deux importants
produits la superficie ensemencée a été accrue respectivement
de 2,5% et de 4,1%. La récolte de maïs reste de 4 millions de quintaux
 et celle de pommes de terre, de 4,4 millions au-dessous de la
moyenne des 10 dernières années.! Le recul quantitatif de la récolte
justifie la hausse rapide survenue dans le niveau des cours. Il faut
dire que la perte due au déficit de la récolte est largement compensée
par la différence très substantielle résultant de la hausse
des prix.
L'écart survenu, pendant la durée de la crise, entre les
prix des produits agricoles et ceux des articles de l’industrie,
écart qui atteignit 50% au point culminant de la crise, s’est
graduellement résorbé au cours des deux ans écoulés depuis le
changement de la tendance et ce, grâce à la hausse assez considérable
 du prix des produits agricoles. Au cours de 1935, l’indice
des prix des produits agricoles a enregistré une hausse de 16 points,
celui des articles d’industrie, une hausse de 5 points. Dans ces
circonstances, les branches des ciseaux agraires reflétant le pouvoir
d’achat de l’agriculture se sont notablement rapprochées, de sorte
qu’à la fin de l’année il n’existait plus qu’une disparité de 22,9%,

! Voir: Tableau économique annuel. Revue Hongroise de Statistique. 1936.
No 2. p. 172.
        <pb n="42" />
        L3

contre près de 34%, pour l’année 1934. Par suite de l’amélioration
 du prix des produits agricoles, les charges grevant le
monde des agriculteurs montrent également une diminution
relative.

Le cheptel, de son côté, est aussi en augmentation. Le
cheptel bovin, de même que le cheptel chevalin, s'est aceru.
L’accroissement du premier est tout à fait remarquable : il fait
78.000 têtes et porte l’effectif à 1,8 million de pièces. Le cheptel
porcin augmente sans cesse depuis 1933. Au cours de l’année
dernière, l’accroissement fut de 674.000, pour former un total
de 3,7 millions de têtes.
Chose indubitable, au cours de l’année dernière, l’amélioration
 générale des conjonctures s’est étendue aussi à l’agriculture.
En effet, la hausse des prix a déterminé dans cette branche de
production une plus grande facilité de l’argent, vu que pour
certains produits non seulement les prix ont augmenté mais encore
la quantité récoltée. Quand on examine la situation de l’agriculture,
 il ne faut pas perdre de vue le fait que dans l’espace
des cinq dernières années, la charge du service d’intérêts grevant
 la production a été réduite de près de 150 millions de
pengôs.! Ce fait revêt une très grande importance au point de
vue du caractère rémunérateur de la production et l’on ne
saurait le négliger quand on apprécie la situation générale de
l’agriculture.
A un point de vue général, l’amélioration enregistrée dans
la situation de l’agriculture joue un rôle non moins remarquable,
étant donné que le redressement de la situation agricole exerce
son influence stimulatrice sur l’ensemble de la vie économique
du pays. Il convient toutefois de faire remarquer que le resserrement
 de plus de moitié des branches des ciseaux agraires, la
hausse du prix des produits agricoles, suivie de l’amélioration
du coût des articles d’industrie, et la diminution des charges
d’intérêts grevant la production agricole n’ont pas pu encore,
eu égard aux conditions défavorables de la récolte, apporter
dans la situation de l’agriculture l'amélioration dont elle
aurait besoin après la -crise prolongée qu’elle a traversée.
Aussi la situation de cette branche laisse-t-elle encore beaucoup
 à désirer. D'ailleurs, au cours de l’année écoulée, la situation
 de l’agriculture n’a pas évolué de manière uniforme, d’où
il s’ensuit que le relèvement du niveau de vie n’a pu être
général.

! Voir: Compte rendu de l‘Institut Hongrois de Recherches Economiques.
1936. No 29. p. 55.
        <pb n="43" />
        Aeeroissement de la production industrielle
et du commerce intérieur
Dans le domaine de la production industrielle, le point le
plus bas de la crise a été atteint en 1932. L'amélioration que
l’on peut observer depuis ce tournant et qui va s’accentuant depuis,
peut être attribuée au concours de plusieurs facteurs. Comme ces
divers facteurs avaient une puissance différente et qu’ils n’intervinrent
 pas simultanément, en se soutenant l’un l’autre, au cours
des deux premières années de la période d’ascension, on a enregistré
des rechutes, mais de proportions peu importantes et dont l’effet
n’a pas été considérable ; on peut dire par conséquent que la
tendance de l’évolution a été constante.
Le repliement sur soi en matière économique prenant des
proportions de plus en plus importantes, la production industrielle
hongroise, après le tournant de la crise, a été naturellement stimulée.
Le régime de restrictions institué en matière de devises pour assurer
la stabilité monétaire a rendu indispensable en Hongrie également
une certaine limitation de l’importation de divers articles industriels.
 Or, les restrictions mises aux importations ne firent qu’augmenter,
 pendant la longue période de dépression, la pénurie en
articles de consommation. Et cela eut lieu précisément dans la
phase de la vie économique où la consommation s’accroît normalement.
 L'on comprend que dans ces conditions ,ce soit dans les
branches industrielles fabriquant des articles de consommation
que la production ait pris en premier lieu quelque essor. Par la
suite, à mesure qu’augmentait la proportion de l’occupation de
ces industries, le pouvoir d’achat des diverses catégories de travailleurs
 s’accroissait à son tour, ce qui eut pour résultat un nouveau
renforcement de la demande en produits de consommation.
En effet, l’on peut constater que le nombre des chômeurs,
après avoir atteint son point culminant, au printemps de 1932,
avec 33.893, accuse un déclin rapide. À la fin de l’année 1932,
les syndicats professionnels enregistraient 32.073 chômeurs, soit
une diminution de 3,2% par rapport à l’état du printemps. En
1933, le nombre des chômeurs industriels a baissé de 15,7%,
en 1934 de 18,5%. Au cours de 1935, une nouvelle diminution de
12% est survenue et à la fin de l’année dernière l’effectif des
chômeurs enregistrés par les syndicats n’était que de 19.386,
de sorte que par rapport à l’état de fin 1932, le chômage industriel
accusait une diminution de 39,6%.
Pour ce qui est du développement de la production industrielle
 en 1935, il est significatif qu’à la fin de l’année en question
le nombre d'ouvriers occupés par l’industrie manufacturière et
        <pb n="44" />
        k5

artisanale excédât 500.000. Par rapport à la situation de l’année
précédente, l'effectif fait ressortir une augmentation de 46.500,
soit 10% environ.! Comparaison faite avec l’année précédente, le
degré d’occupation des ouvriers a augmenté dans presque toutes
les branches d’industrie.
L'amélioration des conjonctures industrielles a reçu, par
ailleurs, dès la seconde moitié de l’année 1934, et surtout au
cours de l’année 1935, un intéressant appui du côté des investissements.
 Selon les constatations de l’Institut Hongrois de Recherches
 Economiques, c’est surtout le renouvellement de l’outillage
mécanique qui s’est accentué ; toutefois les activités d’investissement
 afférentesau bâtiment et aux industries nouvellement introduites
 accusent également un notable accroissement.
Le résultat de l’élargissement de la production industrielle
est que la production houillère de la Hongrie s’est accrue, en
1935, de 5 millions de quintaux, soit de 8,1%. La production de
minerai de fer, enregistrant une augmentation de 1,2 million de
quintaux, passa à 1,9 million de quintaux, ce qui représente un
accroissement de 180%. Il ne sera pas sans intérêt de faire observer
 à ce sujet qu’en 1933, la production n’excédait pas encore
500.000 quintaux. Un autre fait caractérisant la reprise dans
l’industrie, est que la production de fer brut s’est élevée, au cours
de l’année dernière, à 1,9 million de quintaux, représentant une
augmentation de près d’un demi-million de ‘quintaux, soit 33%-La
 production d’acier a connu un accroissement encore plus
important : le volume de la production de l’année 1935 a dépassé
de 1,4 million de quintaux celui de l’année précédente et fait
un bond de 4,5 millions de, quintaux, ce qui représente une augmentation
 de plus de 41%. La production de courant électrique,
— pour la seule ville de Budapest, — accuse une augmentation
de 18 millions de kw.-heures, soit de 6,2%.
Il convient de rappeler, en outre, l’essor remarquable pris
dans l’industrie par la consommation de charbon d’extraction
hongroise, en connexion avec l’augmentation de la production
industrielle. En 1935, l’industrie a consommé 7,5 millions de
quintaux de charbon de plus qu’au cours de l’année précédente
et la quantité de charbon utilisée se monte à 27,5 millions de
quintaux. La quantité d’énergie électrique distribuée à l’industrie
 s’est accrue, à Budapest et dans les communes avoisinantes,
de 15 millions de kw.-heures, soit de 12,6%. L'augmentation de
la production de courant électrique est absorbée, dans sa presque

1 Voir: Compte-rendu de l‘Institut Hongrois de Recherches Economiques.
1936. No 29.
        <pb n="45" />
        {ec

totalité, par la production industrielle. Pour mettre en lumière
l’accroissement de la consommation, il convient de faire remarquer
 qu’au cours de l’année dernière la consommation de sucre
a augmenté de 99.000 quintaux, soit de près de 12%. La concommation
 de bière a été de 10,1%, celle d’alcool de 7,5%, supérieure
 aux chiffres de l’année précédente. Ces données indiquent
 également que, surtout dans le courant de l’année 1935,
une amélioration considérable est survenue dans la vie économique
 hongroise et que, par suite de l’accroissement de l’occupation
 des travailleurs et de l’élévation des salaires, une plusvalue
 notable a été réalisée au point de vue du pouvoir
d’achat.
Par ailleurs, outre l’accroissement de la consommation intérieure,
 l’exportation de certains articles industriels a enregistré
une notable augmentation dont nous parlerons plus loin. Grâce
à l'amélioration de la situation économique en général, le trafic
intérieur a repris au cours de l’année dernière et ce, tant au point de
vue voyageurs que marchandises. Les données du trafic ferro-Viaire
 se ressentant peu des changements des conjonctures, l’évolution
 enregistrée dans ce domaine a une signification d’autant
plus importante. En ce qui concerne la quantité de marchandises
transportées par fer, on relève un accroissement remarquable.
En effet, au cours de 1935, les marchandises transportées par fer
représentent une quantité globale supérieure d’un million de
tonnes à la quantité de l’année précédente. L’augmentation est
de 11,3%, contre 5,4% pour l’année précédente. Quant au mouvement
 des voyageurs, il a dépassé de 7,2%, celui de 1934. Pour
illustrer la reprise de l’activité économique, on pourrait encore
mentionner que dans l’espace d’un an, le nombre d’automobiles
en circulation s’est accru de 1853 pour atteindre 25,087. Pour les
voitures de tourisme l’augmentation fait 17,8% et pour les
camions, 8,1%.
Conséquence naturelle de l'accroissement de la consommation,
 les prix de détail, c’est-à-dire les prix pour les consommateurs,
 ont enregistré à leur tour une hausse sensible. Par contrecoup,
 le renchérissement a rendu plus difficiles les conditions de
l’existence.
L'indice du coût de la vie est monté, au cours de
1935, de 5,1 points, atteignant 93,4. La hausse est due en majeure
partie au renchérissement des denrées alimentaires, mais par
ailleurs les prix du vêtement, du chauffage et de l’éclairage accusent
 également une augmentation.
        <pb n="46" />
        7

Activité de la balance du commerce exiérieur
Les statistiques concernant le commerce extérieur de la
Hongrie reflètent également l’amélioration des conjonctures économiques.
 Chose regrettable, en ce qui concerne les échanges de
marchandises avec l’étranger, les difficultés subsistent à l’heure
actuelle telles qu’elles étaient au cours des précédentes années
de la crise. Quant à l’avenir, on doit plutôt s'attendre à un renforcement
 qu’à une atténuation du repliement sur soi-même.
Malgré toutes les difficultés, grâce à l’activité des organes officiels
préposés aux exportations, les marchandises hongroises gagnent
lentement du terrain. Tout en conservant les anciens débouchés,
les efforts se poursuivent pour pénétrer sur des marchés nouveaux,
 plus éloignés, ce qui allonge notablement le rayon d’action
des exportations hongroises. En effet, on voit figurer parmi les
clients de la Hongrie des pays éloignés qui, jusqu’ici, ne pouvaient
 entrer en ligne de compte sous ce rapport. Chose indubitable,
 l’extension du rayon d’action des exportations est le résultat
du régime des restrictions en matière de devises et au point de
vue de l’équilibre de la gestion centrale des devises, ce fait a son
importance. En effet, grâce à cette extension, le commerce hongrois
 pourra peu à peu atteindre les pays où ne règnent pas de
restrictions de ce genre.
D'ailleurs, le régime des devises en vigueur en Hongrie a
été réformé, dès la fin de l’année dernière, par l'introduction de
primes uniques. Par cette réforme, le régime de la gestion centrale
 des devises est entré, en Hongrie, dans la troisième phase
de son évolution, dans celle du système linéaire des primes.* Dans
l’ancien système, les primes sur devises variaient, selon les divers
articles, entre 25 et 125%, ; en outre, le surprix payable pour le
même article était sujet à d’importantes variations selon les circonstances.
 Au point de vue du caractère rémunérateur de la
production et au point de vue de l’écoulement des marchandises,
ce système présentait des inconvénients et augmentait notamment
 l’incertitude et les risques.
Le nouveau régime des surprix uniques pour les devises
présente, certes, de nombreux avantages et permet de jeter les
bases d’une ère économique plus calme puisqu’il élimine les éléments
 de risque existant jusqu’ici de ce chef ; il permet en outre
à la production industrielle de calculer sur des bases plus sûres.
Par ailleurs, le nouveau système augmentera les exportations

1 Voir: Eugène Râcz: Le nouveau système de la gestion centrale des devises
en Hongrie et les exportations. Mezägazdasägi Kôzläny. (Bulletin Agricole.) 1936.
No 2. p. 53.
        <pb n="47" />
        agricoles en assurant l'importation de. matières premières sur la
base de compensations. Pour ce qui est de l’amélioration ultérieure
 de la situation économique, le nouveau régime des devises
a également un rôle important à jouer dans ce domaine.
Au cours de l’année dernière, les exportations, de même
que les importations hongroises ont enregistré un. accroissement
dont la mesure est à peu près identique dans les deux cas. La
valeur des exportations hongroises a fait 457,7 millions de pengôs,
soit 53,5 millions de plus que l’année précédente. Les importations,
 qui ont atteint 397,4 millions de pengôs, sont dignes d’attention.
 L’accroissement se chiffre par 52,5 millions. Grâce à
l'augmentation des importations, l’approvisionnement du pays
en matières premières a pu être assuré. La balance du commerce
extérieur s’est soldée par un actif de 60,3 millions, chiffre quelque
 peu supérieur à celui de l’année précédente. L’exportation
de produits agricoles a dépassé de près de 38 millions celle de
l’année précédente et à la rubrique ,,exportations industrielles‘®
on relève une augmentation de 22,2 millions de pengôs par rapport
 à 1934. Par suite de la faiblesse des récoltes, l’exportation
des céréales a subi un fléchissement de 7,4 millions. L’exportation
 des fruits frais, laines, volailles vivantes et tuées, beurre,
accuse également une diminution considérable mais qui est largement
 compensée par l’accroissement de l’exportation des bêtes
sur pied, viandes fraîches et préparées, saindoux et lards. Les
exportations de l’industrie textile hongroise ont évolué favorablement,
 ainsi que celles de l’industrie lourde. L’exportation de
produits demi-finis en fer fait ressortir un accroissement de 3,4
millions et celle des machines et appareils une avance de 4,4
millions de pengôs. Par suite de la pénurie de fourrages, le maïs
occupe presque la première place aux importations, avec une
valeur de 30 millions. Sur les 52,5 millions en surplus que les
importations de 1935 accusent sur celles de l’année précédente,
33 millions reviennent à l’augmentation de l’importation nécessitée
 par le manque de fourrages. Toutefois, l’importation de
matières premières destinées à la production industrielle n’en a
pas trop souffert. Les importations de soie artificielle ont enregistré
 une hausse de 17% et celles de jute brut un accroissement
de 81% L’importation de filés de coton accuse un recul de 17%,
celle de filés de laine, de 22% et celle de tissus de coton, de 17%.
Au contraire, l’importation de laine peignée a augmenté de 41%,
celle des couleurs aniliques de 11%. Quant aux importations de
minerai de fer, elles ont dépassé de près de 80%, celles de 1934,
tandis que l'importation de fer brut et de ferraille a accusé un
accroissement de 100%,
        <pb n="48" />
        49

En 1933, les importations de la Hongrie ont enregistré le
point le plus bas de leur évolution ; l’augmentation graduelle
qui se poursuit depuis lors est le gage du développement ultérieur
 des conjonctures industrielles. Un fait très favorable au
point de vue du développement des conjonctures est que l’accroissement
 des exportations a su marcher de pair avec celui des
importations, de sorte que l’approvisionnement du pays en matières
 premières n’a pas eu d’effet défavorable surla balance du commerce
 extérieur. Pour ce qui est de la part dans laquelle les divers
pays participent aux échanges de la Hongrie, des changements
sensibles sont survenus.
Ces changements sont remarquables tant aux exportations
qu’aux importations. Pour ce qui est des exportations de la Hongrie,
 la part revenant à l’Autriche a fléchi : de 24,5% qu’elle
était en 1934, elle a passé à 19%. Au contraire, celle de l’Allemagne
 a passé de 22,3 à 23,9%, et la part de l’Italie de 8,3 à
13,3%. Aux importations également, la participation de l’Autriche
 a fléchi, et ce pays a perdu la première place ; de 23,4%, sa
participation s’est réduite à 19,1%. Par contre, la part de l’Allemagne
 a augmenté, s’élevant à 22,6%. Pour ce qui est de la quotepart
 de la Roumanie, elle a passé de 8,9% à 13,5%, par suite du
manque de fourrages. Quant à la valeur des importations en
provenance de l’Italie, elle a passé de 12% à 7,4%.

Tendance à une amélioration en Bourse
Au cours de la crise, la situation de la Bourse a été la plus
lente à s'améliorer. La crise boursière n’a pris fin que dans la
seconde moitié de 1934. Après la longue période de baisse, il était
tout à fait compréhensible que l’amélioration des cours prît la
cadence accélérée qui caractérisa l’évolution des mois qui suivirent
 le tournant. Jusqu’à la fin de l’année 1934, l’indice officiel
des actions marquant le niveau moyen des cours a enregistré une
hausse de 11,8 points et s’est élevé à 78,1. L'amélioration
s’est poursuivie dans les premiers mois de 1935 et ce n’est que
fin avril 1935 que la tendance ascendante s’est arrêtée provisoirement.
 Mais jusqu’à cette époque, l’indice des actions a réalisé
une avance de 46 points par rapport au point le plus bas et a
coté 112,3. La hausse des cours était accompagnée, naturellement,
d’un mouvement d’affaires animé. Toutefois, en raison de la
rapidité excessive de la hausse, la réaction devint inévitable.
Le fléchissement qui s’en suivit dura pendant tout l’été pour ne
cesser que fin octobre. Il était graduel et n'avait rien d’excessif,
puisque jusqu’à fin octobre l’indice des actions n’a baissé que de
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        SN

x

18,5 points. Au mois de novembre, de nouveau la tehdance à la
hausse l’emporta et jusqu’à la fin de l’année 1935, 10,9 points
de cette perte furent regagnés. À la fin de l’année, l’indice des
actions se trouvait déjà à 104,7, de sorte qu’en fih de compte
une hausse de 18,8 points peut être enregistrée par rapport aux
cours du début de l’année. En 1935 les transactions en Bourse
se maintinrent à un niveau très élevé et portèrent sut 2,2 millions
d'actions, contre 0,9 million l’année précédente.
L'évolution marquée par les données de statistique économique
 les plus importantes et qui sont les plus sensibles aux
changements des conjonctures a pleinement justifié les conclusions
 auxquelles nous sommes arrivé l’année dernière. Dans le
courant d’une année, la situation économique dé la Hongrie a
connu une amélidration très sensible, de sorte que l’année 1935
peut être considérée comme celle de la reprise. Si les forces que
représentent les mesures de nécessité prises par suite de la gravité
 de la crise et qui sont encore en vigueur, mie freinaient pas
dans plusieurs sens l’évolution de la vie économique, les résultats
auraient été encore bien plus favorables et la totalité de la vie
économique pourrait présenter tous les symptômes du redressement:
 Toutefois, même telle qu’elle est, l’amélioration que l’on
a constatée permet d’envisager l'avenir avec confiance, étant
donné les multiples résultats acquis, très remarquables par euxmêmes
 et qui font bien augurer de l’année prochaine ; en effet,
après de tels résultats, la vie économique ne saurait en aucun
cas enregistrer une rechute sensible.

Kladäséet fele] : Dr. Sipos 5. “Pâtria“ R,-T. Budapest — 361832 Felelés vezetô: Magyary L
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      </div>
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