PRÉFACE

En dépit de la liberté dont jouissent, en temps
normal, les citoyens des deux grandes démocraties
 latines, l’émigration des Italiens vers la
France a pris des proportions telles que les Gouvernements
 ne peuvent plus laisser ces grands
mouvements périodiques s'accomplir sans les
réglementer. Déjà, en 1904, un premier Traité
de Travail avait été signé entre- Rome et Paris :
aux inoubliables conférences de Cernobbio
en 1915, les deux ministres qui y avaient apposé
leur signature, MM. Luzatti et Trouillot, nous le
rappelaient et s’en félicitaient. Depuis lors, l’idée
de définir de plus en plus exactement le statut
du travailleur séjournant chez l'autre nation a
fait son chemin. On désire aujourd’hui, des
deux côtés des Alpes, signer un nouvel instrument
 qui complètera les conventions déjà en
vigueur.
Toutefois l'opinion semble prévaloir chez nous
qu’il vaudrait mieux considérer la question dans
son ensemble et établir les bases d’un pacte général
 qui réglerait le problème entre tous les Alliés.
Nous croyons qu’il n’y aurait pas d'inconvénient
à nous concerter dès maintenant avec nos amis
Italiens sur l’arrangement à intervenir. Nous
ne vovons pas de raison de leur refuser cette