LA MAIN-D'ŒUVRE JTALIENNE EN FRANÇE 7
entraînées ne seront pas, pendant un certain temps
du moins, compensées par ce relèvement de la natalité
 qu'on espère, et auquel les pouvoirs publics ne
sauraient prêter trop d'attention : les mesures qu’ils
prendront à ce aujet, les modifications dans les
mœurs nées des enseignements mêmes de Ja guerre,
ne pourront produire leur effet qu’après une période
sans doute assez longue. D'autre part, si nous voulons
 qu’à la victoire militaire succède la victoire
Économique, il ne nous faudra pas seulement carserver
les terrains que nous possédions avant la Jutte, il
nous faudra surtout, par le développement de notre
production, la transformation de nas méthodes, en
conquérir de nouveaux. Et si on retient que neuf de
nos plus riches départements sortiront ruinés des
mains de l'ennemi qui les occupe, et que des qutillages
de toutes pièces nouveaux seront à constituer, on
comprendra que, plus pauvre en hommes, la France,
malgré la main-d'œuvre féminine qui, partiellement
du moins, continuera sans doute de s’offrir après la
paix, devra importer un très fort capital humain pour
assurer la marche de ses usines et la culture de son
sol, et prendre gur les marchés étrangers la place qui
tui revient.
Cet afflux nécessaire de main-d’œuvre étrangère
doit faire l’abjet d’une réglementation soigneusement
étudiée. Jusqu'ici, et sans doute parce que l'importance
 de son développement a échappé à l’attention
du législateur, l'immigration, tant ouvrière que non
professionnelle, n’a été soumise qu’à d’insienifiantes