8 LA MAIN-D'ŒUUVRE ITALIENNE EN FRANCE
formalités. La loi du 8 août 1893, modifiée et complétée
 par l’article 9 de la loi du 16 juillet 1912, oblige
simplement tout étranger non admis à domicile, qui
arrive dans une commune pour y exercer une profession,
 un commerce ou une industrie, à se faire
inscrire sur un registre d’immatriculation, et à faire
viser le certificat qui lui est remis chaque fois qu’il
change de localité. On a fait remarquer bien souvent,
et avec raison, que cette loi de 1893, en autorisant
toute immigration, facilitait l’accès du sol français
même aux étrangers les moins désirables. Elle ouvrait
toute grande une porte par laquelle la sécurité de
l’État devait exiger au contraire qu’on ne pût passer
qu’après avoir satisfait à certaines conditions. Mais
si l'étranger en général, et l’ouvrier en particulier,
peut entrer en France librement, il est fort loin d’y
jouir des mêmes droits que le national, et cette
différence de traitement a motivé depuis longtemps
de courtoises réclamations de la part des gouvernements
 fournisseurs de main-d’œuvre.
Actuellement ces réclamations se précisent, de
même qu’on se préoccupe en France de remédier aux
défauts de la loi de 1893. Le Parlement a été saisi
bien des fois, avant la législature actuelle, de propositions
 de loi ayant pour but de surveiller plus étroitement
 l’afflux de la main-d’œuvre étrangère. Aucune
de ces propositions n'ayant abouti, plusieurs ont été
reprises depuis 1914. La protection du travail
national a fait l’objet de diverses propositions,
notamment de la part de MM. Pierre Rameil, Prat.