40 LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANÇE
En ce qui concerne ces exportateurs, nous limiterons
 notre étude à l'Italie. C’est, on l’a vu, avec la
Belgique le pays qui, avant 1914, envoyait en France
le plus de travailleurs. Il est tout à fait vraisemblable
qu’après la paix, ce sera lui encore qui aura les plus
grandes disponibilités de main-d'œuvre. Quelques Italiens
 ne professent pas cette opinion, et prétendent que
là reprise etle développement dela vie économiquedans
la Péninsule aura pour effet nécessaire de restreindre
l'émigration!. Sans méconnaître l’objection, il est
cependant hars de doute que l'Italie, à raison de son
importante natalité, et malgré les travaux de toutes
sortes qui solliciteront ses ouvriers, et malgré les pertes
très lourdes que la guerre lui aura causées, demeurera
 extrêmement riche en hommes. M. Nitti, l’un
de ses économistes les plus réputés, actuellement
ministre du Trésor dans le Cabinet Orlando, à donné,
il y a quelque temps, à ce sujet d’intéressantes précisions®.
 Chaque année normale la population italienne
augmente environ de 500.000 individus : la moyenne
des naissances est de 4.100.000 et celle des décès de
500 à 600.000. D'autre part, la guerre a arrêté
presque entièrement l’émigration. De ce fait, depuis
trois années, 900.000 hommes sont demeurés sur le
sol natal. On peut estimer ainsi que Italie aurait
actuellement 2.400.000 individus de plus qu'en 1914
si la guerre n’avait pas entraîné les pertes impor-4.

 V. Civis Italicus. L'emigrazione italiana dopo la guerra. dans ls
Vita Italiana, 15 novembre 1916.
9 IL mondo. août 1917.