LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 11
lantes qu’on sait. De toutes façons, il n’est pas douleux
 qu’à la fin des hostilités, la population de la
Péninsule sera sensiblement plus nombreuse que
quand celles-ci ont commencé, et que par conséquent
l'Italie continuera de pouvair exporter, si elle le
juge bon, un nombre élevé de travailleurs. Il est
à redouter qu’il ne puisse pas en être de même des
autres nations exportatrices, de la Belgique notamment.

On sait que, depuis la guerre, nous avons
augmenté l'importation de la main-d’œuvre coloniale,
spécialement pour le travail de la terre. En 1914,
quelques milliers de Kabyles étaient déjà fixés en
France, dans les départements de la Seine, des
Bouches-du Rhône et du Pas-de-Calais notamment,
mais employés surtout dans les mines et les usines,
Durant ces trois dernières années, c’est principalement
vers la culture que furent dirigés les éléments nouveaux
 qu’on fit venir d’Algérie. Le Maroc nous fournit
également un certain nombre de travailleurs agricoles,
 de même que nos colonies d’Asie. D’après une
opinion assez répandue, les résultats de cette maind'œuvre
 coloniale seraient extrêmement satisfaisants,
et de nature à encourager son utilisation dans des
proportions plus étendues encore après la guerre.
Mème si cette appréciation n’est pas erronée ou tout
au moins exagérée, il n’est pas douteux que nos
coloniaux ne pourront jamais être employés qu’à certains
 travaux et dans certaines régions. Quels que
soient les avantages qu’on assure à ceux qui consen-