LA MAIN-D'ŒUVRE ITALIENNE EN FRANCE 417
lors de son arrivée en France — ce qui est indispensable
 —, mais que, pendant tout son séjour, on épie,
on suspecte ses moindres gestes; il est considéré
comme un danger latent. Une carte d’identité lui est
remise parle Commissaire spécial du poste frontière,
et il est bien spécifié que cette carte ne peut être remplacée
 par le passeport et qu’elle ne dispense pas de
la formalité de l’immatriculation, prévue par la loi
de 1893. Cette carte, l’ouvrier est tenu de la déposer
entre les mains du Commissaire de police du lieu où
il est embauché ; il reçoit en échange un récépissé
portant sa photographie. Le récépissé doit être présenté
 aux autorités dès que l’ouvrier change d’établissement
 ou de localité. Il lui est interdit de quitter
sans autorisation la ville où il travaille. Veut-il se
déplacer temporairement, pour raisons de famille ou
de convenance personnelle, il doit en demander la
permission. Veut-il retourner dans son pays, une
autorisation lui est encore nécessaire. Refuse-t-il un
emploi qui lui a été proposé ou change-t-il trop fréquemment
 d'usine, il pourra être purement et simplement
 expulsé. Dans le cas où les opérations nécessitées
 par la carte d'identité ne peuvent pas être remplies
 au poste frontière, ou bien lorsque louvrier n’est
pas pourvu à l’avance d’un contrat d’embauchage cer-Lifié
 sincère et véritable par le maire de la localité où
réside l’employeur, l’immigrant est dirigé sur un
dépôt de travailleurs étrangers auprès duquel est
détaché un commissaire spécial de police. Les
ouvriers sans contrat sont convoyés par les soins du

K. Lémonon,