18 LA MAIN-D’OŒUUVRE ITALIENNE EN FRANCE
poste frontière jusqu’au dépôt le plus proche. Et on
demande même, pour ceux qui sont pourvus d'un
contrat, qu’ils soient autant que possible « pris en
charge jusqu’à destination » par l'employeur ou son
mandataire.
On conviendra que de pareilles dispositions semblent
 faites plutôt pour des délinquants que pour des
travailleurs dont le seul défaut est de n’être pas Français.
 Le résultat principal qu’on atteint est de froisser
des susceptibilités légitimes, et d’indisposer des individus
 auxquels, au contraire, on devrait faire bon
accueil. Si un pareil régime était maintenu après la
guerre, il pourrait sans doute avoir de bien fâcheux
effets. Encore une fois, ne plaçons notre confiance
qu’à bon escient, mais, quand nous l'avons donnée,
ne semblons pas continuellement le regretter *.

4. L’Association nationale d'expansion économique a adopté, dans
son Congrès de mars 4917, diverses résolutions sur le régime des
travailleurs étrangers en France dont ie décret du 21 avril s’est nettement
 inspiré.
Le Congrès a édicté l'obligation de l’immatriculation à la frontière
 du travailleur étranger. La carte d'identité et de circulation
qui lui serait remise devrait être présentée à la mairie du lieu de
résidence dans les deux jours, et visée. Le visa serait obligatoire
chaque année dans la première quinzaine de janvier, et aussi en
cas de changement de commune, ou de changement de domicile,
ou encore de profession dansla mème commune. Un examen médical
 aurait lieu lors de l'arrivée en France, et l'admission serait
refusée aux étrangers reconnus incapables de pourvoir à leurs
besoins, aux faibles d’esprit, à ceux qui seraient atteints de maladies
 contagieuses, aux alcooliques caractérisés, aux condamnés pour
crimes de droit commun, aux prostituées ou aux personnes vivant
de la prostitution d'autrui.
Pour les ouvriers étrangers recrutés en dehors du territoire
métropolitain, l'employeur devrait remettre à la mairie de sa résidence
 une copie du contrat de travail, lequel devrait être conclu-