LA MAIN-D’OŒUUVRE ITALIENNE EN FRANCE 19

On est fort loin de s'entendre en France sur les
mesures qu'il conviendrait d’édicter pour que les étrangers,
 dont on aurait reconnu et admis la présence
sur notre sol, ne puissent pas être pour nos propres
ouvriers une cause de dommage. Pour MM. Landry et
Rameil, il faudrait établir l’obligation du salaire égal
pour tous les ouvriers nationaux ou étrangers, employés
 à un même genre de travail. On a en effet constaté
 souvent, et depuis bien des années, qu’un assez
grand nombre d’ouvriers étrangers acceptaient de
leurs patrons des salaires sensiblement inférieurs à
ceux fixés par les chambres syndicales ouvrières et
patronales françaises. Ce travail au rabais de l’ouvrier
étranger a pour effet un abaissement presque nécessaire
 du taux des salaires des ouvriers nationaux. C’est
pour éviter cette dépression que MM. Landry et Rameil,
 et avant eux de très nombreux parlementaires,
notamment M. Jules Coutant en 1910, réclament la
fixation d’un salaire uniforme. Cependant on n’est pas
unanime sur l’efficacité d’une pareille mesure. Certains
 lui ont reproché d’ouvrir une voie dangereuse,
celle de la fixation des salaires par l’autorité administrative.
 D’autres, plus nombreux, soutiennent qu’elle
ne peut pas aboutir au résultat qu’on espère. « Il est

pour une durée déterminée ou l’exécution d’un travail déterminé.
La rémunération et les conditions de travail seraient équivalentes
à celles pratiquées dans la localité pour les travailleurs de la même
catégorie professionnelle possédant les mêmes aptitudes.